Un sursis de 5 ans pour Le Nid de 1990 à 1994

De gros nuages planent au dessus du Nid de l’Aigle. Une suite de décisions administratives émanant de plusieurs organismes conduiront au démantèlement du mât totémique. Il a été soigneusement planifié à l’avance, sans efforts réels pour tenter de le conserver; ça commence à ressembler à une enquête!

Pendant cinq ans, entre 1990 et 1994, différents organismes font un suivi de la dégradation du Nid de l’Aigle, dont le Comité de régie du Jardin, le Comité de régie Aquarium et Jardin zoologique, la Direction régionale de Québec du Ministère de l’Environnement et de la Faune et le Groupe pour l’avancement du projet de parc de l’Écozoo (GAPPE). Beaucoup de personnes sont informées de cette situation.

Pendant qu’on discute de projets d’amélioration du Jardin dans les médias, la décision de démanteler le Nid de l’Aigle se dessine graduellement en coulisses. Par exemple, on suggère de « réaménager l’étang du to­tem » en considérant sa « réfection obligatoire », en 1990. Dans les journaux, on mentionne l’étang du totem pour une dernière fois en 1992.

Il faut attendre en 1994 pour qu’on considère enfin son « état délabré et même dangereux », constatant que « l’état du totem va de plus en plus en se dégradant ». On finit par affirmer qu’il est « impératif que le totem soit enlevé », en proposant un « démontage et protection au sol »; on finit par décider que « le totem sera descendu avec différentes précautions », en fin d’année.

À travers les différents compte-rendus des comités de gestion, on retrouve quelques allusions à sa valeur ethnologique et patrimoniale; mais on s’oriente surtout vers le démantèlement faut-il constater.

Revue des événements

Il serait intéressant
que le public
puisse admirer
le totem de l’aigle
sur toute sa longueur
avec l’historique
de son acquisition
et la description
de ses 9 figures

NOTE INTERNE
Ministère Environnement et Faune
2 mai 1994


1990-07 – Axe central dominé par un totem

Québec, Le Soleil Samedi 7 juillet 1990 E-3
Zone avec abris – Frank L. 2020 TripAdvisor

Le professeur Luc Noppen de l’UQAM, dont les domaines d’expertise gravitent autour du patrimoine bâti, passe en revue les caractéristiques du parc du Jardin zoologique dans Le Soleil. Il est bien familier avec son concept d’aménagement paysager, comme on peut le constater.

Le parc est organisé autour d’un axe central dominé par un totem indien. C’est là une sugges­tion de Marius Barbeau, conserva­teur du Musée de l’homme à Otta­wa et grand connaisseur de l’art des Amérindiens de la côte ouest du Canada.

1990-10 – Réfection obligatoire

À la même époque, on commence à discuter du réaménagement du Jardin. Un rapport interne circule au sein du gouvernement, afin d’évaluer différents scénarios. Des plans architecturaux et des devis de travaux suivront quelques années tard; les archives de la Société des parcs de sciences naturelles du Québec et celles de la Commission de la Capitale nationale du Québec en regorgent, pour qui s’intéresserait à ce pan de l’histoire du Jardin.

Rapport d’étape – François Houle
Fonds CCNQ – E203 2005-11-005 \ 5

Ce rapport, présenté par François Houle en septembre 1990, provient du fonds d’archives de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ).

Chaque secteur du Jardin est évalué en vue d’un réaménagement potentiel, y compris celui de l’étang du totem. L’auteur recommande « la réfection obligatoire du totem et d’une nouvelle façon de le présenter », suggérant un réaménagement du côté nord pour l’observation, et la fermeture du côté sud. Rappelons que François Houle a déposé un essai de maîtrise à l’Université Laval en 1990, « Aménagement et design zoo : le jardin zoologique du Québec« ; nous devons vérifier si le rapport ci-dessus en ferait partie. Cependant, il ne mentionne pas un élément important de l’architecture du paysage : l’organisation de l’axe central, dont il est question dans l’article de Nopen et dans la note 12 – L’axe principal du Jardin de 1935 à 1959.

1992-07-24 – Réaménager l’étang du To­tem

Québec, Le Soleil,
Vendredi 24 juillet 1992 A-3

Deux ans après le rapport de François Houle publié en 1990, on fait part d’un nouveau projet d’Écoparc à Charlesbourg. D’une part, le directeur régional du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche invite les firmes à soumissionner pour la réalisation de trois plans di­recteurs dans ce dossier, rien de moins; un pour le Jardin, un second pour l’Aquarium et enfin un troisième pour un concept d’Écoparc. D’autre part, le conservateur du Jardin mentionne qu’on projette de réaménager l’étang du totem. On rêve grand en croyant que « sur l’emplacement actuel du zoo, il y a place pour intégrer cinq écosystèmes […]. Outre la forêt boréale québécoise, cela pourrait être les Prairies canadiennes, le Grand Nord canadien, la Pam­pa sud-américaine et une section, plus modeste, pour la forêt tropicale. On veut une expérience-pilote en prônant un concept différent de celui du Biodôme de Montréal », tout en évoquant le zoo d’Indianapolis au États-Unis.

À l’automne, une expé­rience-pilote testera ce concept en réaménageant l’étang du To­tem. M. Prescott est loin de fa­voriser un développement rapi­de de l’Écoparc. « Il faut éviter l’erreur de tout construire d’un coup. Il faut y aller par étapes. » Il parle même de « maintenir l’intérêt pendant 20 ans ».

On laisse entendre qu’il faudrait maintenir l’intérêt du Jardin jusqu’en 2012. Les remous entourant sa fermeture prendront beaucoup plus d’importance dans les médias de la capitale les années suivantes, avant d’aboutir à sa fermeture définitive en mars 2006. Fait à noter, c’est la dernière fois qu’on écrira un article à propos de l’étang du totem, comme on constate en consultant les journaux de BAnQ.

Vue satellite du jardin
Google Maps, 2019.

Qu’est-il advenu de cet étang? Il est disparu pendant les travaux d’amélioration du jardin, pendant sa fermeture temporaire. Il ne faisait pas partie des plans, même si on l’avait identifié comme un source intéressante de réaménagement dans le rapport de Robert Houle en 1990.

Quant à l’avenir du totem, il deviendra un sujet de discussion derrière des portes closes. Les fonds d’archives de BAnQ permettront de retracer ce qui a été écrit à son sujet afin d’éclaircir comment on a abouti à le démanteler.

1993-10 – Création du Fonds SZDQ

Fonds Société zoologique de Québec Inc.
P625 BAnQ

Un événement significatif permettra de reconstruire éventuellement une histoire complète du Jardin zoologique, soit la création du fonds d’archives de la Société zoologique.

La description du fonds résume très bien son histoire. On rappelle également que « les documents du fonds ont été acquis par les Archives nationales du Québec en vertu d’une convention de donation signée le 28 octobre 1993. Gabriel Filteau, son président, agissait pour le compte de la Société ». Sans ces documents versés à BAnQ, il n’aurait pas été facile de rétablir l’histoire du Nid de l’Aigle.

LA SZQ DANS LES MÉDIAS – Société zoologique de Québec (1990 à 1994) – BAnQ

1994-04 – 60 ans, et maintenant « Écozoo »

Québec-Science, Volume 32, numéro 7, page 31 – BAnQ

La Société zoologique a 60 ans. À cette occasion, elle présente son nouveau concept dans la rue Québec-Science. Ironie du sort, un grand article sur la nouvelle arche de Noé, le Zoo de Santiago, en page suivante, ce qui peut faire rêver!

Le Jardin zoologique du Québec prend aujourd’hui un nouveau virage pour se transformer dans les prochaines années en Écozoo, concept de parc zoologique voulant mieux refléter l’évolution des mentalités tant en ce qui regarde nos relations avec les animaux que le milieu et l’implication de la population.

QUÉBEC-SCIENCE – Jardins zoologiques, à partir de 1975, sur BAnQ numérique

1994-04-22 – État délabré et même dangereux

CAVIARDAGE – Comme les documents suivants relèvent de la régie interne, les noms été caviardés, ainsi que les autres sujets discutés. Afin d’éviter des controverses improductives, considérons plutôt les décisions collégiales prises en comité (les documents dans les archives ne sont pas caviardés).

Comité de régie
Aquarium et Jardin zoologique
Compte-rendu 1994-04-22

Pendant qu’on rêve de Écozoo, quatre ans après le rapport d’étape de 1990 qui recommandait la « réfection obligatoire du totem », la situation n’a pas changé. Mais on commence à s’inquiéter.

Le 22 avril, lors d’une réunion du Comité de régie Aquarium et Jardin zoologique, l’idée ressort qu’il est nécessaire d’examiner différents scénarios relatifs à l’avenir du Nid de l’Aigle. On consigne une demande adressée spécifiquement à l’un des membres :

 » Compte tenu de l’état délabré (et même dangereux) du totem au Zoo, il est demandé à […] de faire les démarches et examiner les avenues suivantes :

  • impliquer le Société de zoologie;
  • obtenir un prix pour retaper le totem;
  • le couper en morceaux, l’entreposer et l’offrir à des musées « .

Visiblement, la Société de zoologie n’est pas encore au courant des intentions de ce comité. Et que penser de cette idée de le couper en morceaux pour « l’offrir à des musées »? Après tout ce qui a été exposé dans les notes précédentes, difficile de croire qu’on puisse songer à une telle solution.

1994-05-02 – L’état du totem va de plus en plus en se dégradant

Deux semaines après cette rencontre, une note provenant de la direction régionale de Québec du MEF et destinée à un administrateur du Jardin zoologique, propose de créer un plan d’action pour le démantèlement.Une annotation griffonnée en rouge indique que le budget initial de 3 000 $ alloué pour enlever le totem de son socle et le déposer à l’arrière de son emplacement est insuffisant. On a affaire à un tronc de 66 pieds, pesant de 5 à 6 tonnes estime-t-on. Il fait comprendre au destinataire qu’il sera nécessaire de prendre action en considérant un rapport précédent : « La revue de la littérature sur l’objet plus haut cité, remonte à quelques années, soit en octobre 1990, suite à un examen du totem par […], restaurateur au Centre de conservation du Québec (CCQ) du Ministère des Affaires Culturelles (maintenant Culture et Communications). »

Voici les scénarios proposés dans cette note :

  • Ne rien faire, cette option est dangereuse pour le public advenant que le totem tombe;
  • Repeindre la surface, on ne règle pas le problème de dégradation du bois et de sécurité pour le public;
  • Consolidation du noyau par injection de résines synthétiques, opération onéreuse en temps et matériel;
  • Enfin, il faut reconnaître que cet objet ethnographique exceptionnel pour sa facture, ses dimensions et sa rareté ne peut plus être préservé en milieu extérieur. 

Il est intéressant de noter qu’on reconnaît la valeur de cet objet « ethnographique », mais qu’on présage également qu’il ne peut pas être conservé à l’extérieur, comme on peut imaginer.

Dans le contexte où des fouilles archéologiques s’effectuent sur le site du jardin, il serait intéressant que le public puisse admirer le totem de l’aigle sur toute sa longueur avec l’historique de son acquisition et les description des neuf (9) figures qui s’y retrouvent.

Le gestionnaire conclut qu’il est impératif d’effectuer cette opération avant l’ouverture officielle de la saison d’été et propose même une conférence de presse pour expliquer la situation. Pourtant, en juin 1994, le mât est encore debout et aucune des solutions proposées n’a été appliquée. De plus, dans Le Soleil du 9 juin, on apprend que « Mme Morency déplore que le ministère ait annulé à la dernière minute la conférence de presse sur la programmation estivale du zoo, conférence qui devait avoir lieu le 2 juin et qui aurait coûté quelques centaines de dollars. Comment attirer des gens, si on ne l’annonce pas ?« 

RAPPORT D’EXPERTISE DU CCQ – Une démarche est en cours pour accéder à ce rapport.

1994-06 – Fermer le Zoo?


La question de la fermeture du Jardin a probablement couvé pendant longtemps dans les officines gouvernementales, mais elle a fait irruption dans les médias en juin 1994.

Jeudi le 2 juin, dans Le Soleil, Michel Corbeil indique que le budget du ministre des Finances André Bourbeau fait peser sur le Zoo et l’Aquarium la menace d’une fermeture définitive.

Mardi le 7 juin, dans le Journal des débats de l’Assemblée nationale, le député Gérard-Raymond Morin (Dubuc) s’adresse au ministre Pierre Paradis (Brome-Missisquoi) en lui posant une question sur les « Mesures pour éviter la fermeture du Jardin zoologique ». En question complémentaire, il soulève également « la possibilité d’en céder la gestion à la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) plutôt que de planifier le démantèlement de celle-ci ». Dans sa réponse, M. Paradis cite l’éditorial de Marie Caouette, « On ne va pas fermer le Zoo! », paru ce même jour dans Le Soleil. Elle y met en perspective la dépendance du Jardin envers l’État, le déclin de la clientèle et les solutions potentielles. « Un groupe de recherche […] a élaboré […] un plan directeur de développement qui commande des investissements de 30 millions $ sur une période de 10 ans pour remettre le zoo au goût du jour et lui donner une vocation de musée des sciences naturelles. » Le musée des sciences naturelles, serait-ce l’embryon d’idée pour la « Société des parcs de sciences naturelles du Québec (SPSNQ) » qui naîtra le 30 août?

Jeudi le 9 juin, dans l’entrevue « Le groupe que Québec cherche est dans sa cour » parue dans Le Soleil, Louise Morency, présidente de la Société zoologique de Québec (SZDQ), exprime un point de vue différent de celui exprimé dans l’éditorial de Marie Caouette. Elle rappelle que « L’organisme sans but lucratif que Québec semble chercher pour prendre en charge son jardin zoologique, situé à Charlesbourg, existe depuis 62 ans. Il s ’appelle la Société du zoo (sic) et compte 350 membres.

Jeudi le 23 juin, on rappelle dans Le Soleil que le gouvernement Johnson « entend privatiser ou fermer le Jardin zoologique du Québec, l’Aquarium et les Jardins de Métis, en relatant un communiqué de presse du ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF) émis la veille.

Gilles Boivin, dans la section « On privatise ou on ferme », rapporte que le MEF propose que « les organismes du milieu intéressés à prendre la relève de l’État devront se manifester avant le 1er septembre, à défaut de quoi les actifs de ces trois sites seront tout simplement liquidés ». On fait part des échéances envisagées, dont celle du 1er avril 1995 (ce sera la date d’éviction de la SZDQ, 10 mois plus tard). Il souligne la question financière; « le gouvernement ne peut plus s’of­frir le luxe de déficits qui ont atteint près de 12 millions $ au cours des 5 dernières années.

Michel Corbeil, dans la section « Entre colère et soulagement », fait part des humeurs à la SZDQ : la joie de la présidente, soit de « prendre le zoo, de l’arranger avec nos bénévoles et de travailler avec les gens qui veulent y investir » et sa déception parce que ce « nous espérions que le ministre Pierre Paradis (Environnement et Faune) annonce par la même occasion que nous avions fait une offre ». Selon une information dont nous disposons, il semblerait qu’elle fut transmise plus tard (voir document 1995-05-31 IMG-4919 et retracer dans quel contenant).

Consulter la requête BAnQ: « Fermer le zoo – Juin 1994 » – Année restante à explorer

1994-06-28 – Impératif que le totem soit enlevé

GAPPE
Compte-rendu 1994-06-28

Pendant ce temps, un autre organisme scrute ce qui se passe au Jardin. Un de ses membres semble bien informé de la note émise par le MEF le 2 mai précédent, car à l’item 22 de son « Bilan des activités du Groupe pour l’avancement du projet de parc de l’Écozoo (GAPPE) », on retrouve ce constat, calqué sur la conclusion de la note du 2 mai du MEF. :

« Il est impératif que le totem soit enlevé et autrement mis en valeur (projet à préciser), compte tenu de son état et le danger qu’il représente. Le Jardin zoologique, avec le concours de la Société, doit préciser sous peu ce projet et voir comment le totem actuel pourrait être remplacé éventuellement. » Ce groupe demandera d’ailleurs un moratoire sur la vente, comme on le constate dans Le Soleil du 27 juillet 1994, « au moment même où la Société zoologique de Québec s’apprête à déposer une offre en bonne et due forme au gouvernement Johnson ». Quelques pages plus loin, on indique « qu’il n’y aura plus de faune exotique au zoo de St-Félicien ». L’exotisme fera partie des nouveaux plans du Jardin à Charlesbourg, faut-il rappeler.

ÉCOZOO : On aura parlé du concept « Ecozoo » à 8 reprises entre 1993 et 1994, comme on constate dans la collection en ligne des journaux et revues de BAnQ.

1994-08-30 – Création de la SPSNQ

Description
Fonds Société des Parcs de sciences naturelles du Québec
P884 BAnQ

La création de la Société des Parcs de Sciences naturelles du Québec est un regroupement administratif de plusieurs organismes intéressés au Jardin; il en marquera l’histoire, sans réussir financièrement dans sa mission. En 1995, elle sera confrontée à la Société zoologique de Québec lorsqu’il s’agira de faire un changement de garde. La SPSNQ vient tout juste d’être créée; quelques jours passent et on parle déjà dans les médias de son intention d’acquérir le Jardin zoologique. Selon l’article « Québec juge tardives les offres d’achat du zoo » dans Le Soleil du 1er septembre, « la privatisation de cette institu­tion, située à Charlesbourg, et cel­le de l’Aquarium, à Sainte-Foy, continuent de progresser dans la pagaille. […] La Société des parcs de sciences naturelles du Québec et le Village des Sports ont déposé chacun de leur côté une proposition d’achat ». En fait, « les deux concurrents ont attaqué la conclusion de l’entente de principe entre le gouvernement et la Société zoologique ». Dans La Presse du 1er septembre, on titre que « Le zoo de Québec suscite de nouvelles convoitises ». On ne parle plus de la SPSNQ pendant le reste de l’année. Pour ajouter à la complexité de la situation, une élection provinciale arrive.

1994-09-12 – Élection provinciale

Comme le Jardin zoologique est opéré par le Ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF), suite à l’élection du 12 septembre, les changements dans l’administration publique conduiront à des revirements de décisions au sujet de sa privatisation ou des changements qu’on voudra opérer au niveau de sa gestion. On parlera fréquemment de Pierre Paradis, assermenté le 11 janvier 1994 et de Jacques Brassard, assermenté le 26 septembre 1994. On découvrira que des engagements pris par le ministre Paradis, vis-à-vis la Société zoologique de Québec, résulteront en remous judiciaires en 1995. Nous y reviendrons.

1994-11-18 – Démontage et protection au sol

Note interne du MEF
18 novembre 1994

Dans la veine du changement de direction au MEF, un gestionnaire de la direction régionale de Québec envoie une note budgétaire pour les travaux d’entretien, dont les urgences pour le Zoo et l’Aquarium.

Six mois après un premier estimé, au MEF, on prévoit maintenant une dépense de 5 000 $ pour le « démontage et la protection au sol du totem » en prenant soin d’en aviser son directeur, et en ayant indiqué plus haut qu’on désirait procéder rapidement aux travaux « pour des raisons de sécurité publique et de protection indispensable aux équipements ».

Le budget – Si on se réfère à la la note 11 traitant de la restauration du mât Kwakiutl à Montréal, le montant envisagé par le MEF est infime. Le Service de l’art public de la ville de Montréal se fait octroyer un budget de plus de 160 000 $ en avril 2007 afin de restaurer le mât Kwakiutl de Expo 67.

1994-11-23 – Le totem sera descendu avec différentes précautions

Comité de régie du Jardin
Compte-rendu 1994-11-23

Dans le compte rendu de la troisième réunion du Comité de régie du Jardin, un membre du comité nous informe que le totem sera descendu avec différentes précautions dès que le moment sera opportun et sera entreposé au jardin et que la Société zoologique (SZDQ) sera contactée par un second membre du comité.

On peut inférer que cette décision relève uniquement de ce comité de régie, mais pas par la SZDQ puisqu’il faut les aviser.

Voila, le sort en est jeté. 1995 s’en vient, ce sera fini pour le Nid, comme on le verra.

Une prochaine année qui s’annonce mal

Dès ce moment, le dernier acte d’un tragédie sur la protection du patrimoine culturel et artistique est prêt à être joué, au début de l’année 1995. Ce sera la dilapidation d’une oeuvre exceptionnelle provenant des Premières Nations. Désormais, ni le Nid de l’Aigle, ni l’étang du totem, ne feront partie des plans ambitieux mis en oeuvre pour tenter de sauvegarder le Jardin.


INFORMATION COMPLÉMENTAIRE …

Revue des sources documentaires en ligne au moment de la publication, photoreportages ou études de cas en relation avec le thème abordé dans cette note.


POUR LIRE CETTE SÉRIE DANS SON ENTIER

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