Au pied d’un Nid

Totem devant l’étang
Photographe non identifié, circa 1950
Tirage grand format
BAnQ – Fonds Société des parcs de sciences naturelles du Québec
2007-02-001 / 106

NOTE 12

En essayant de comprendre l'histoire des travaux d'aménagement paysager qui contribueront à la mise en valeur du Nid de l'Aigle de 1935 à 1959, l'axe principal du jardin central se révèle; quelqu'un avait vu grand!

AVOIR UNE VISION DU FUTUR

Depuis l’été 1933, la deuxième saison d’ouverture du jardin zoologique de Québec, le Nid de l’Aigle s’élève au nord d’un grand terrain désert. Loin de l’entrée, comment réussira-t-on à l’inclure dans le plan de visite et à le transformer en un point focal d’intérêt? La Société zoologique y a pensé de toute évidence, comme on le voit dans le Guide du jardin de 1934.


Plan du Jardin zoologique de Québec – St-Pierre de Charlesbourg
Sylvio Brassard architecte, 1934
BAnQ – Fonds Société des parcs de sciences naturelles du Québec
P884 – 2007-02-01 / 90

Le totem apparait en haut à gauche du plan de Sylvio Brassard, l’architecte du jardin. En l’agrandissant, on comprend que le vaste espace devant le Nid est réservé pour des développements futurs, dont un étang en croissant de lune au pied du totem (6), une section des ours (7), un arboretum (8) et enfin une terrasse au sud (9). Autrement dit, ce plan ne représente pas tout à fait les lieux si on entreprend une visite, comme on peut le constater dans la photo suivante.


Vue aérienne du Jardin zoologique – 1937
Archives de la Ville de Québec – Fonds W.B. Edwards Inc.
P012-N023423

Même en 1937, quatre ans après son arrivée au jardin, son isolement dans un lieu peu invitant persiste. Le mât, dans le coin inférieur droit de cette vue aérienne, fait face à un grand champ. Avant que les travaux d’aménagement proposés sur le plan de 1934 ne débutent, il y a peu d’incitatifs pour aller l’admirer de près. À moins d’avoir été intrigué par sa présence sur les lieux, suite à la lecture d’articles parus dans les journaux ou encore après avoir reçu conseil auprès des guides du jardin, il est bien possible qu’il passe inaperçu. L’amélioration graduelle de l’aménagement paysager et l’ajout d’attraits supplémentaires favoriseront les visites à proximité de cette oeuvre d’art unique.


ALLER VOIR LE TOTEM

Secteur de l’entrée du jardin – Plan du jardin zoologique 1934


À partir de l’entrée principale, une fois qu’on a franchi le pont rustique en bas du barrage, un embranchement de l’allée principale permet d’emprunter l’un ou l’autre des sentiers pour se rendre au totem.


1 – Secteur de l’ornithologie

Secteur de l’ornithologie – Plan du jardin zoologique 1934

En empruntant l’allée de droite, on peut passer devant la volière d’hiver construite en 1932 et la grande volière érigée en 1933, ou faire un détour du côté du laboratoire d’ornithologie terminé en 1934, pour parvenir au pied du mât. Ces trois éléments architecturaux du paysage aux alentours du grand jardin central ont chacun leur petite histoire.


A. La volière d’hiver

Maison à oiseaux (Volière), Jardin zoologique de Québec à Charlesbourg
Marius Barbeau 1932
Musée canadien de l’histoire – MCH 76399

Quartiers d’hiver
Photographe non identifié – 1933
BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
Le Soleil, samedi 8 juillet 1933, page 1

Quartiers d’hiver pour les oiseaux – 1948 (SZQ 1051)
Notes historiques – Raymond Cayouette 1987

Ce ne sera pas tout de suite,
on le comprend facilement,
le Jardin des Plantes de Paris ou
le « Zoological Garden » de New-York

La Presse

Dans Le Soleil du 8 juillet 1933, on désigne ce bâtiment « volière d’hiver », une vaste construction de bois aux larges fenêtres pour abriter les oiseaux migrateurs pendant la saison rigoureuse. Empruntant le style d’une maison canadienne, avec son toit en croupe à deux rangées de lucarnes et son clocheton à lanterne, il s’intégrait bien au concept de village. Construit en 1932, il a été démoli en 1981 (Cayouette 1991:40).

En comparant les deux premières photos prises à un an d’intervalle, on aperçoit la grande volière sur la seconde. Dans la troisième photo de 1948, on aperçoit les petites volières adjacentes à l’édifice, masquant les fenêtres.


B. La grande volière d’été

La grand volière d’été au Jardin zoologique de Québec
Raymond Cayouette 1947
BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
E6,S7,SS1,P36390

The Bronx Zoo Atrium
Black and White Photographs of Streets of NYC in 1905
Vintage Everyday

Une grande volière au Jardin zoologique
Photographe inconnu – 1933
BAnQ – Patrimoine Québécois / Revues et journaux
Le Soleil, lundi 6 février 1933, page 3

Dans Le Soleil du 6 février 1933, on nous présente cette grande volière en acier galvanisé avec un grillage en cuivre construite par la maison Jobin et Paquette, comme on le rappelle également dans une publicité placée dans Le Soleil du 8 juillet 1933, lors de l’inauguration.


Dans La Presse du 10 mars 1932, qui annonçait le projet d’un jardin zoologique pour Québec, on avait considéré l’ampleur du projet. « Ce ne sera pas tout de suite, on le comprend facilement, le Jardin des Plantes de Paris ou le « Zoological Garden » de New-York, mais nous avons tous les éléments pour faire vite un jardin zoologique des plus intéressants, la nation entière y mettant du sien ». Dans ses notes historiques, prenant un certain recul, Raymond Cayouette indique effectivement que la grande volière a été inspirée de celle de New-York (Cayouette 1987:60).

Si vous n’avez pas remarqué, les deux premières photos illustrent la ressemblance incroyable entre la grande volière de Charlesbourg en 1947 et celle de New-York en 1905; cette dernière provient de l’article « Black and White Photographs of Streets of NYC in 1905 » du site Vintage Everyday.


C. Le laboratoire d’ornithologie

Laboratoire d’ornithologie et totem
J.A. Brassard, 1946
BAnQ – Patrimoine Québécois
E6,S7,SS1,P34725

Mât totémique « le nid de l’aigle », au Jardin zoologique de Québec à Charlesbourg
Marius Barbeau, 1954
Musée canadien de l’histoire
MCH 2004-454

Si on s’est attardé un peu en passant derrière la volière d’hiver et la grande volière, on aperçoit le laboratoire d’ornithologie, « une maison de pierre, exacte réplique d’une maison du régime français », construite en 1934-35 (Cayouette 1991:41). Mais on n’échappe pas à la vue du totem, à quelques foulées de là; ces deux photos permettent de saisir les proportions entre le totem et le laboratoire.


Promenade devant le Nid

Marcheurs près du Nid de l’Aigle
Photographe inconnu – sans date
Courtoisie – Société d’histoire de Charlesbourg – A-19.7

Peu importe comment on aura exploré le secteur de l’ornithologie, en parvenant au pied du mât, on peut vraiment apprécier sa hauteur à notre échelle humaine. Cette photographie provenant des archives de la Société d’histoire de Charlesbourg est unique en son genre, car elle permet de bien discerner les proportions du Nid de l’Aigle à l’échelle humaine. On discerne en arrière-plan le laboratoire d’ornithologie.

La plupart des sources documentaires indiquent que le mât avait une hauteur de 66 pieds, juste un peu plus qu’une dizaine de fois la hauteur d’une personne. Peut-être des lecteurs ou lectrices pourront éventuellement en fournir une autre. On a donc ici un témoignage unique pour le moment; dans les années 1990, les égoportraits n’étaient pas en vogue, bien sûr!


2 – Secteur de la ferme

Secteur de la ferme expérimentale – Plan du jardin zoologique 1934

La ferme expérimentale d’élevage d’animaux à fourrure
J.-A. Brassard – Hiver 1935-36
SZQ 344 (Cayouette 1987:51)
Article original en PDF

Alternativement, si on on emprunte l’allée de gauche à partir du pont, on passera derrière le moulin à vent et on marchera entre la ferme expérimentale et la section des ruminants. Comme on le voit dans la photo prise à l’hiver 1935-1936, on aura une vue éloignée sur le mât situé au sommet de ce vaste espace en pente; il est en arrière plan du grand champ enneigé derrière la ferme.


Aménagement paysager de style canadien
Sylvio Brassard circa 1932
Patrimoine urbain Ville de Québec / Archives Université Laval
P255-9-37.2

Prise aux alentours de 1932, la photo de Sylvio-Brassard met en perspective 3 éléments architecturaux ayant contribué au style unique du jardin. Au premier plan, on voit l’alignement de cabanes rustiques et d’enclos pour l’élevage des animaux à fourrure, la ferme expérimentale. Au second plan se profilent les deux maisons en pierre des champs au toit à lucarnes encadré de cheminées. Enfin, le moulin à vent se démarque par son style typique aux meuneries dispersées à travers la province à la fin du XVIIe siècle.


AU FIL DES SAISONS

Examinons la progression des travaux d’aménagement paysager entre 1935 et 1959 afin d’évaluer leur impact sur la circulation aux alentours du Nid de l’Aigle.


1937 : Libérer du terrain

Concours d’appréciation au pique-nique annuel des éleveurs d’animaux à fourrure à Courville
L. Baudet 1945
BAnQ – Fonds ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P29060

BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
L’Action catholique, jeudi 1 juin 1939, page 9

S’étalant sur une période de deux ans, le déménagement de la ferme expérimentale affectera la circulation dans le grand espace au pied du Nid de l’Aigle. Dans ses notes, Raymond Cayouette mentionne qu’elle déménagera de Charlesbourg à Saint-Louis de Courville, libérant une parcelle de terrain en vue de futurs aménagements (Cayouette 1987:58; 1991:38).

  • Dans L’Action catholique du 22 mars 1937, on mentionne que ce déménagement est longuement discuté lors de l’assemblée générale de l’Association des éleveurs à fourrure.
  • Dans Le Devoir du 16 septembre 1938, le transfert se concrétise par la nomination d’un nouveau directeur, le Dr R. Rajotte
  • Dans l’édition du 21 janvier 1939, on rend compte de la progression des travaux de la « renardière de St-Louis de Courville ». Enfin, dans une rubrique illustrée de L’Action catholique du 1er juin 1939, on se félicite de la productivité à cette ferme, « la seule du genre dans toute la province, où l’on garde actuellement 80 trios de renards qui ont produit cette année 210 renardeaux ».

La photo prise quelques années plus tard pendant le concours d’appréciation de 1945 donne un bon aperçu de l’évolution de cet établissement.


1938 : L’étang du totem

Zone de l’étang des plantes aquatiques – Plan du Guide du jardin 1934

Vue d’un totem au jardin zoologique à Charlesbourg
CPR, circa 1950
Archives Ville de Québec
M07-03-49-N026220

À partir de 1939, le Nid de l’Aigle ne sera plus seul en haut d’un grand espace dégarni. Un nouvel attrait devrait attirer les gens plus près du mât, permettant de mieux apprécier ses blasons sculptés. Dans ses notes historiques, Raymond Cayouette rappelle que « devant le mât totémique, on creusa un étang dans lequel poussaient plusieurs plantes aquatiques. Des arbres de diverses essences et des arbustes furent plantés à proximité pour créer un arboretum (Cayouette 1991:43) ».

Les ours du jardin
semblent éprouver
de la difficulté
à s’endormir
cette année.
On se de­mande
si c’est à cause
du bruit
que font
les travailleurs
dans
les envi­rons…

LE DEVOIR
24 novembre

C’est un travail d’envergure, entrepris dans des circonstances inattendues. L’année 1938 est marquée par les dégâts causés par la tempête du 31 août, qu’on évoque lors de la fermeture annuelle d’automne, rapportée dans Le Devoir du 27 octobre. On y annonce de grands travaux de réfection et d’agrandissement avec des octrois à titre de secours au chômage.

Dans Le Devoir du 24 novembre, on affirme que « les travaux d’embellisse­ment consistent surtout dans l’amé­nagement d’un lac artificiel en avant du totem. Dans ce lac les visi­teurs pourront admirer différentes plantes d’eau telles que nénuphars et autres ». L’Action catholique titrera alors : « Environ 550 hommes travaillent au jardin zoologique de Charlesbourg ». L’édition du 22 mai 1939 mentionne qu’on se rend en grand nombre au jardin pour voir les travaux, même sans ouverture officielle de la 8e saison.


Horatio Walker peignant dans son jardin, île d’Orléans
M.O. Hammon, 1933
Archives of Ontario – F 1075-12-0-0-27
Wikipedia Commons

Radio-zoologie – L’étang des plantes aquatiques, Wilfrid Corrivault
BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
L’action catholique, 4 novembre 1945, page 10

Dans la Chronique des jeunes naturalistes du 4 novembre 1945, Wilfrid Corrivault suscite la curiosité en posant une question. « Devant l’étang, situé à quelques pas de la volière, vous vous demandez, en regardant le mât totémique se mirer dans ces eaux, ce qu’il y a intéressant à voir? » Il y répond en brossant un portrait de la vie grouillante de ce marécage, en soulignant aussi la contribution d’un ami du Jardin qui offrira un type de plantes aquatiques rarement visibles en milieu urbain.

La famille des lis d’eau que les botanistes nomment la famille des Nymphéacées, est surtout représentée par le grand nénuphar jaune. C’est l’universel nénuphar, caractéristique des innombrables lacs laurentiens. Ses gros rhizomes constituent l’une des nourritures favorites du Castor et de l’Orignal. On estime même qu’il y a une corrélation très nette entre le territoire occupé par l’Orignal et l’aire de dispersion du grand nénuphar jaune. N’oublions pas la magnifique collection de Nymphéas cultivés que nous devons à un fidèle ami du Jardin Zoologique, le grand peintre canadien Horatio Walker.

Nénuphar jaune
Wiki Commons

Horatio Walker était un bon ami de L.-A. Richard, ce sous-ministre qui avait initié l’acquisition du Nid de l’Aigle en 1931, comme on a pu le remarquer dans une note précédente. Il est aussi intéressant de noter que le bassin du jardin zoologique est dessiné en quartier de lune, comme celui derrière la résidence de Walker, à l’Ile d’Orléans.

Au printemps de 1946, on rappelle au public ce qui se passe dans l’étang lorsque la nature se réveille au jardin. Dans Le Soleil et dans L’Action catholique du 27 avril, on mentionne qu’il s’est libéré de la glace au milieu du mois et que plusieurs têtards de la grenouille verte quittent le fond de l’étang où ils ont hiberné. On souligne aussi l’arrivée des oiseaux migrateurs.††

Beaucoup plus tard en 1956, l’étang sera transformé pour accueillir les canards, les oies et les flamants (Cayouette 1991:47).

En 1957, pour l’ouverture de la 25e saison, on en fait part dans L’Action catholique du 3 mai, en annonçant que le jardin « offrira certaines nouveautés dont un magnifique étang aménagé non loin du pavil­lon des fauves, en face du totem géant qui, depuis des années, do­mine le paysage d’assez étran­ge façon ». Un géant domine d’étrange façon; que pense l’auteur de cet article?


1938-1939 : La grange

Grange au jardin zoologique de Québec
Richard Bernard 1943
BAnQ – Fonds Ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P15831

Bassin des phoques
Richard Bernard 1942
BAnQ – Fonds Ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P7181

Entre 1938 et 1939, une bâtiment de type intéressant s’ajoute à l’est du jardin central au pied du Nid de l’Aigle. On le voit bien à partir du bassin des otaries qui s’ajoute devant en 1942. En forme de L, il est surnommé la « grange » par le personnel du zoo. Dans la partie sud, on y abrite les oiseaux aquatiques pendant l’hiver. Ce bâtiment sera démoli en 1981 (Cayouette 1991:43).

Au niveau de l’aménagement paysager, son style s’inscrit adroitement dans la continuité du village canadien qu’on tente de créer. Ce style sera également adopté lors de la création du pavillon des fauves, mais en plus grand, dans les années 1950.


1942 : Le bassin des otaries

Otarie au jardin zoologique
Richard Bernard 1942
BAnQ – Fonds Ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P6991


Bassin des otaries
Raymond Cayouette 1945
BAnQ – Fonds Ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P26808
Gens qui regardent une otarie dans son bassin – Sperling Montreal Standard 1947
Archives Ville de Québec – Domaine public
M07-03-49-N026227

Bassin des otaries au Jardin zoologique de Québec
Raymond Cayouette 1947
BAnQ – Fonds Ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P35264

Même s’il ne fait pas partie des développements futurs illustrés sur le plan du jardin publié en 1934, le bassin des otaries sera un autre élément important qui pourra augmenter la circulation dans le vaste espace au sud du Nid de l’Aigle. On prend connaissance de sa création dans L’Action catholique du 29 juillet 1942, suite à l’arrivée d’un couple d’otaries de la Californie, qu’on qualifie comme étant « une autre curiosité au Jardin ». Dans L’Action catholique du 28 octobre 1945, Joseph Vandal énonce bien comment on circule entre le moulin à vent et le bassin.

Cette allée de gauche, en passant par la tour du moulin et le nouveau res­taurant, mène à la section des ruminants, et a l’esquisse d’une terrasse qui supporte un grand bassin régulier à deux branches, le bassin des otaries. Le grand bassin par sa forme et son emplacement conditionne le dévelop­pement futur du grand terrain en pente situé au nord.

Il préfigure bien le prochain aménagement paysager, les terrasses étagées.


1946 : Les terrasses étagées

BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
L’Action catholique, dimanche 28 octobre 1945, page 10

Zone des terrasses étagées
Plan du Guide du jardin 1934

Dans la Chronique des jeunes naturalistes du 28 octobre 1945, tandis que Sylvio Brassard insiste sur l’adoption du style canadien, Joseph Vandal s’aventure à proposer un style différent pour les futurs aménagements dans son l’article « L’architecture paysagiste au jardin zoologique ».

Le style classique français a été choisi à cause du caractère architectural des édifices du Jardin Zoologique que ce parterre doit accentuer. Le terrain en pente traité dans un tel style demande un développement en terrasses qui se ferait en trois étages. Le premier constituerait une longue terrasse bordée au nord par la première allée et séparée de celle-ci par une baie très élevée en forme de charmille de façon à unir ce parterre avec le reste du Jardin et lui constituer un cadre. Le second étage présenterait un vaste plan portant deux pelouses carrées, chacune étant coupée en quatre compartiments par deux allées à angle droit avec un bassin circulaire au point d’intersection, et avec écoincement à tous les angles. Ces deux pelouses seraient séparées par une ligne aviale nord-sud sur laquelle se trouvait un très long bassin étroit, constituant une allée d’eau qui recevrait ses eaux d’un autre grand bassin adossé à une fontaine et tous deux placés à un étage supérieur, les déverserait à son tour au moyen d’un escalier d’eau ou cascade dans le bassin actuel des otaries, au dernier étage.

La réalisation de ce plan est commentée dans les notes historiques de Raymond Cayouette (1991:45) qui fait remarquer que « ce jardin à la française, commencé en 1948, fut assez lent à réaliser, les pelouses n’étant terminées qu’en 1956. Une terrasse de 130 mètres de longueur soutenue par un mur de pierre, fut terminée en 1949 ». Ainsi, cet autre aménagement paysager pourra modifier la circulation aux alentours du Nid de l’Aigle.

Dans le la planification de 1934, on prévoyait la construction de la terrasse Sarrazin, au sud du grand espace délimité au nord par le mât. Les plans ayant changé, on décide plutôt d’adopter un modèle étagé au nord du bassin des otaries, s’inspirant du plan que Joseph Vandal avait soumis en 1946 (Cayouette 1991:45).

Pour palier à cet abandon du plan de la terrasse Sarrazin, la Société zoologique honorera plus tard ce naturaliste en lui dédiant une stèle, tel que le rapporte L’Action catholique du 11 octobre 1957.


Pluvier Kildir
Ted Busby
Faune et flore du pays – Fédération canadienne de la Faune

Emplacement d’un nid de pluvier kildir (indiqué par le piquet)
Raymond Cayouette 1946
BAnQ – Fonds Ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P35993

Datant de 1946, cette photo de Raymond Cayouette sera utilisée pour illustrer un fait divers, paru dans Le Soleil du 8 juin. On prend soin de spécifier où ont lieu ces travaux : « La Société Zoologique de Charlesbourg sous la direction du docteurJ.-A. Brassard, surintendant du jardin, décida de faire défricher le terrain, pour l’aménagement de deux superbes terrasses en étage, qui coupées par une allée centrale, descendront directement au bassin des otaries ». On rapporte une anecdote intéressante sur le nid d’un pluvier.

Lorsque qu’un gros tracteur nivelle le terrain, un pluvier kildir installé sur son nid traine de la patte en feignant d’être blessé. Le conducteur doit descendre et courir après pour tenter de le déplacer, ce jeu de fuite durant près d’une dizaine de jours et retardant les travaux. Mais le directeur du zoo désirait avant tout protéger le nid et la couvée. En ferait-on autant aujourd’hui?


Un retour graduel vers la nature

Finalement, les deux murs construits au sud du Nid de l’Aigle auront permis d’atteindre un des objectifs du plan de Joseph Vandal, soit « un développement en terrasses qui se ferait en trois étages », comme il l’énonçait dans « L’architecture paysagiste au jardin zoologique » en 1945. On peut le constater dans les deux photos suivantes où figure le totem. On verra que certaines distractions visuelles seront éliminées au fil des années.


Mur de pierre de la terrasse française
Photographe non identifié – Tirage photographique de 1959
BAnQ – Fonds Société des parcs de sciences naturelles du Québec
P884 2007-02-001 / 88

Sur la photo du mur de pierre de la terrasse française, construite de 1949 à 1953, la volière des condors apparait sur la droite, mais des chalets obstruent l’arrière-plan. Comme on le confirme dans Le Soleil du 9 mai 1969, ils seront démolis, éliminant une distraction quand on regarde le Nid de l’Aigle.


Mur de pierre de l’étang
Photographe non identifié – Tirage photographique – 1959
BAnQ – Fonds Société des parcs de sciences naturelles du Québec
P884 2007-02-001 / 88

Après la fin des travaux de construction du mur de pierre de l’étang en 1956, le réservoir d’eau construit en 1954 obstrue l’arrière-plan. Il sera démoli en 1970, comme on le rapporte dans Le Soleil du 3 septembre, éliminant aussi une autre distraction.



Etang du totem
Raymond Duguay, 1976
BAnQ – Fonds Ministère des Communications
E10,S44,SS1,D76-298

Ces grands travaux terminés, et les obstacles visuels éliminés, ce portrait démontre comment on a réussi à créer un environnement invitant aux alentours du totem. En plein cœur de la nature, il est entouré d’arbres qui auront bien profité au fil des ans; c’est comme si on le contemplait dans ses lieux d’origine au bord de la rivière Nass, mais sans ses montagnes.

Comme le faisait remarquer Marius Barbeau dans Le Soleil du 8 juillet 1933, « si ces monuments, une fois transplantés ailleurs, sont imposants, ils le sont davantage chez eux, parmi les grands arbres d’une côte semi-tropicale, dans des montagnes quelques fois enguirlandées de vapeurs bleuâtres, que le soleil couchant colore de pourpre ».

La Société zoologique aura presque réussi à le faire mentir, le Nid de l’Aigle ne s’en laissant pas imposer, justement; il est aussi imposant dans son jardin central. Aux pourpres du soleil s’ajoutera le camaïeu des roses de la faune tropicale à ses pieds… on le devine ici.


1950 : La restauration du Nid

Le totem du Nid de l’Aigle en voie de restauration
Société zoologique de Québec – 1950
BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
Le Soleil, vendredi 30 juin 1950, page 6


Dans Le Soleil du 30 juin 1950, on annonce des travaux de restauration du mât, dont l’application d’une couche de peinture végétale pour lui rendre les couleurs vives qu’il possédait. Deux photos de cette opération avaient déjà été repérées dans un contenant d’archives du fonds P625 Société zoologique de Québec, sans pouvoir en confirmer la date; nous la connaissons désormais.

La photo du plan d’ensemble de l’échafaudage est probablement dans un des contenants d’un fonds d’archives de BAnQ.


Tête du Nid de l’Aigle
Raymond Cayouette 1964
« Le Nid de l’Aigle », Article en format PDF

La Société zoologique prend bien soin de cette oeuvre d’art. Dans l’article Le Totem du Nid de l’Aigle publié en 1964, Raymond Cayouette résume comment on avait pris soin du mât, à deux reprises.

Pour le préserver des attaques du temps le cèdre géant dut être repeint en entier en juin 1950, un travail qui nécessita un échafaudage assez élaboré. Puis à nouveau en juillet 1962, on a du remplacer ici et là quelques pièces de bois pourri, entre autres le nez du Trakolk qui a été refait en entier d’une pièce de pin, puis on a encore une fois repeint le vieux totem maintenant centenaire.

Haliotis
Nacre de coquille d’ormeau
Wiki Commons 2019
Wikipedia

Au sommet de son mât et loin des yeux de ceux et celles qui se promènent dans ses alentours immédiats, on ne peut estimer comment l’Aigle silencieux dans son nid, soumis à toutes ces intempéries pendant si longtemps sans broncher, réussit à conserver ses ornements. Illustrant l’article de Cayouette, ce gros plan de la tête de l’Aigle laisse deviner la beauté des écailles serties dans le bec. Selon Harlan Smith, ayant décrit avec minutie tous les éléments du mât et de ses blasons lors de sa restauration en 1932, « les pupilles étaient constituées en nacre d’ormeau. Bien que les lèvres et les ailes ne montrent aucun signe de peinture, elles étaient probablement de couleur rouge ocre. Les dents (car il y avait des dents) étaient également en nacre d’ormeau (Barbeau 1950:42) ». Une beauté à l’état pur, maintenant volatilisée depuis 1995!

Une note de recherche hors-série sur le traitement des couleurs et la restauration des mâts paraîtra au courant de septembre, les abonnés seront avisés.

1952 : La fête de l’arbre

Fête de l’arbre au Jardin Zoologique de Québec
Photographe inconnu
BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
L’Action catholique, mardi 20 mai 1952, page 3

Dans L’Action catholique du 20 mai 1952, on souligne l’organisation d’une fête de l’arbre, une initiative de la Société zoologique. Suite à cette cérémonie, on plante une douzaine d’érables à sucre. On mentionne que « les érables en question ont été plantés en bordure du chemin qui conduit au bassin des otaries. On sait que cette partie du Jardin est tout simplement charmante ». On remarque d’ailleurs en arrière-plan le moulin à vent et la cheminée d’une des maisons de style canadien à la gauche, ce qui nous situe sur l’ancien site de la ferme expérimentale. Comme on peut s’y attendre, plusieurs notables sont présents.

Cet événement n’est qu’un exemple parmi d’autres activités d’aménagement des lieux qui se déroulent sans cérémonie afin de favoriser l’amélioration continue de l’espace central du jardin.


1953 : La volière des condors

Nid de l’Aigle, volière des condors
Marius Barbeau 1954
Musée canadien de l’histoire
MCH 2004-452

À l’été 1953, lorsqu’on effectue une randonnée dans le jardin, un autre attraction s’ajoute dans le vaste espace au pied du Nid de l’Aigle. C’est la volière des condors, cette vaste cage en aluminium qui reluit au soleil, comme on le constate sur cette photo de Marius Barbeau prise l’année suivante.

On l’aperçoit immédiatement après être passé devant la grande volière terminée en 1933. Si vous agrandissez la photo, vous verrez même les deux pignons blancs à chaque extrémité du toit des quartiers d’hiver des oiseaux, juste sous le nez protubérant du mât.

C’est dans le Le Soleil du 28 août 1952 que le Dr J.-A. Brassard annonce la construction de cette volière, alors qu’on a connu une saison record de 300 000 visites. Dans Le Soleil du 8 mai 1953, à l’occasion de l’ouverture de la 22e saison du jardin, le Dr Brassard déclare que la nouvelle volière des condors sera prête dans le courant de l’été. Finalement, on finit par en publier une photo dans L’Action catholique du 7 août 1954.


1956 : Les 25 ans du Jardin

En 1956, on célèbre le 25e anniversaire de la fondation du Jardin zoologique en 1931. Rappelons qu’en 1932, on ouvre pour la première saison d’été en accueillant les premiers visiteurs, même si certaines parties du jardin sont en construction. Ce n’est qu’à la saison suivante qu’on verra le totem Le Nid de l’Aigle. Mais les travaux d’amélioration n’ont jamais cessé en fait; nous avons surtout examiné ceux aux alentours du Nid de l’Aigle, affectant le circuit des visites et contribuant à accroitre sa visibilité doit-on rappeler.

Totem le Nid de l’aigle
Raymond Cayouette , 6 décembre 1955, SZQ 3321
BAnQ – Fonds Société zoologique de Québec
P625 1960-01-600 / 297 – Dossier No 15

Cette impression photographique, localisée dans les archives de BAnQ, est probablement attribuable à Raymond Cayouette qui produit la plupart des photos pour la Société zoologique.


Brassard J.-A. « Les vingt-cinq années du Jardin zoologique »;
Les Carnets, vol. XVI, no. 2, avril 1956:52-53

« des totems mystérieux rappelant des légendes fantastiques »

Publicité CNR
BAnQ
Le Samedi 27 juillet 1925

Dans l’article « Les vingt-cinq années du Jardin zoologique », J.-A. Brassard brosse un tableau intéressant de ses origines et de son développement pendant ce premier quart de siècle. Le Nid de l’Aigle a droit à un clin d’oeil, à droite d’une page illustrée. Si vous avez le sens de l’observation, vous lui trouverez quelque chose de différent. Vous devinez? Ayez du flair, la réponse n’est pas loin de vous.

Parfois, on l’évoque avec un élan poétique, comme dans la Chronique des jeunes naturalistes du 22 avril 1956 où on termine une première visite hâtive du jardin « au pied du grand totem qui plane mystérieusement sur tout le Jardin zoologique de Québec ». Il y a toujours ce petit aura de mystère autour du Nid; rappelons-nous ces publicités dont on a discuté dans une note précédente! Au Québec, le CNR avait mené une campagne sur les croisières dans la revue populaire Le Samedi, entre 1925 et 1929.


Le pavillon des fauves

Le pavillon des fauves
Photos du Soleil, 1956
BAnQ Patrimoine québécois / Revues et journaux
Le Soleil, vendredi 28 septembre 1956, page 3

On coiffe alors ces 25 saisons révolues par l’inauguration du pavillon des fauves, parfois dénommé la maison des fauves et des singes. Cette nouvelle attraction, dont la construction avait débuté en 1954 (Cayouette 1991:46), donnera plus de visibilité au Nid de l’Aigle.

Comme on l’illustre dans le Le Soleil du 28 septembre 1956, le pavillon des fauves a été inauguré la veille, la Société zoologique célébrant à cette occasion son jubilé d’argent. Ajoutant à cette célébration, Le Soleil du 29 septembre souligne dans son éditorial que le Jardin zoologique est « une institution qui fait la fierté de tous les Québécois », en rappelant que Québec est la seule ville du pays à posséder le jar­din zoologique le plus complet, unique en son genre.


1958 : Le Nid est un monument

Stèle Carl Von Linné
Patric A. 2013
Yelp – Photos pour Parc des Moulins

De gauche à droite, Me C.-A. Leclerc président de la Société Linnéenne, le Dr Georges Gauthier président la la Société Zoologique et M. L.-A. Richard sous-ministre de la Chasse et de la Pêche.
BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
L’Action catholique, vendredi 21 juin 1958, page7

D’où vinrent les sauvages?
Marius Barbeau 1933
BAnQ – La Presse 8 juillet 1932

Le Nid de l’Aigle est tout de même pris en estime par la Société zoologique, un monument du jardin, comme on le rapporte dans l’Action catholique et Le Soleil du 20 juin 1958 lors du dévoilement d’une stèle honorant Charles Linné. M. Georges Gauthier, président de la société, avant de résumer l’histoire des autres monuments, cite le Nid en premier.

En premier lieu je signalerai celui qui a été érigé à la mémoire des premiers habitants du pays, les innombrables peuplades paléo-américaines. C’est le totem du « Nid de l’Aigle » qui fut planté dans un coin du Jardin en juin 1933.

Remarquez qu’on vient de forger un nouvel euphémisme pour désigner le peuple des Premières Nations : Les « peuplades paléo-américaines ». Si on se rappelle, à cette époque on les désignait souvent comme des « sauvages ». L’article de Marius Barbeau dans La Presse du 8 juillet 1933, publié à l’arrivée du Nid de l’Aigle à Charlesbourg, en fait foi.


Un héritage architectural reconnu

Photo aérienne du jardin – 3 novembre 1961
Négatif original à retracer – SZQ 4762
1991 Cayouette Raymond – Notes historiques sur le jardin

L’examen de l’évolution de l’aménagement paysager aux alentours du Nid a démontré comment s’est développé l’axe principal du centre du jardin : du nord au sud en ce qui a trait au Nid de l’Aigle et au bassin des otaries, et d’est en ouest en ce qui a trait aux volières et au pavillon des fauves, notamment.

Si vous agrandissez cette photo aérienne de 1961, elle démontre bien comment les attractions du parc se sont développées sur plus de 25 ans, en comparaison de ce qu’on aperçoit sur la vue aérienne de 1937 au début de cette note. On aperçoit très bien le quadrillé du jardin central et ses deux axes qui ont remplacé le grand champ vide des origines.

Sur l’axe principal, on aperçoit le bassin des otaries au sud et l’étang du totem au nord. Sur l’axe ouest-est, on aperçoit les deux grands bâtiments qui se font face et se distinguent avec leurs toits à pignons, le pavillon des fauves à l’ouest et la grange dissimulée derrière les arbres à l’est.

Il semble que les grandes idées sur l’architecture du jardin soient peu connues du public, parce qu’elles datent de près d’un siècle. Pourtant, des voix reconnues se sont fait entendre juste avant qu’on ne décide de rénover le Jardin à grands frais en reniant une partie de son patrimoine architectural. Il suffit de redescendre la ligne du temps pour constater leur importance.


Cours d’eau et pont en pierre, Jardin zoologique de Québec à Charlesbourg
Marius Barbeau 1932
Musée canadien de l’histoire
MCH 76395

BAnQPatrimoine québécois Revues et journaux
Le Soleil du 30 décembre 2005

En décembre 2005, un commentaire dans Le Soleil reproduit la lettre de Richard Fiset, alors président de l’Association des archéologues du Québec, adressée au ministre responsable de la Capitale Nationale.

En rappelant les impératifs économiques du temps de la crise des années 1930 où le jardin du construit, il rapporte une conversation ayant lieu en septembre 1932 entre L.-A. Richard et Marius Barbeau, qui était venu l’appuyer dans son projet de jardin, en plus de l’avoir aidé à acquérir le Nid de l’Aigle afin de lui ajouter un attrait de plus. C’était juste après le premier été où le public intrigué par le chantier avait été invité à visiter ce vaste chantier.

En retrouvant la source de cette conversation dans La Presse du 18 mars 1933, apparait enfin cette fameuse question que Richard avait adressé à Barbeau. « Et le poteau totémique que vous venez d’acheter pour la Société zoologique, où voulez vous que nous le plantions? » La réponse de Barbeau allait devenir un argumentaire qui serait repris dans plusieurs articles qui paraitraient les années suivantes, dans les revues et journaux; cette première source permet bien de comprendre comment le mât devint le symbole de l’âme nationale, bien malgré lui.


Richard Fiset ne néglige pas d’ajouter un éclairage intéressant sur la valeur patrimoniale du site, à titre d’archéologue.

Le zoo devrait être protégé comme un bien patrimo­nial. un symbole qu’on pourrait sauver en re­tournant à son inspiration initiale, tout en conservant les acquis. En outre, la mission du zoo se prête bien à la pro­tection des ressources archéologiques qui s’y trouvent, car le secteur englobe des sites de mou­lins dont les plus anciens remontent au XVIIIe siè­cle. Ces éléments patrimoniaux font d’ailleurs l’objet d’une étude de classement au ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Effectivement, des travaux archéologiques son annoncés dans Le Soleil du 23 septembre 1981. Menés par le chantier-école du Collège François-Xavier-Garneau, on annonce la présentation des résultats dans l’édition du 29 avril 1982, lors de la tenue d’un atelier organisé pendant la semaine des sciences.

On en constate la teneur sur un site de la Ville de Québec traitant de l’histoire du Parc des Moulins. Cependant, on ne retrouve pas encore les moulins identifiés lors de ces fouilles dans l’inventaire du ministère de la Culture et des Communications semble-t-il.


BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et journaux
Le Soleil, 7 juillet 1990, page E3

En juillet 1990, Luc Nopen, directeur des partenariats de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, affirmait dans Le Soleil que le Jardin zoologique, c’est un « parc d’architecture ». Il reconnaissait d’autant plus la contribution de Marius Barbeau qui avait déjà envisagé la création d’un axe central intégrant habilement une oeuvre d’art à un parc urbain.

Le parc est organisé autour d’un axe central dominé par un totem indien. C’est là une sugges­tion de Marius Barbeau, conserva­teur du Musee de l’homme à Otta­wa et grand connaisseur de l’art des Amérindiens de la côte ouest du Canada.


BAnQ
Patrimoine québécois
Revues et journaux
L’Action catholique, 19 août 1956

Nopen reprend en fait le propos de Louis-Philippe Audet, publié dans L’Action catholique en août 1956 lors du du 25e anniversaire du jardin, dressant un bilan des travaux accomplis sous la direction du grand architecte du jardin, Sylvio Brassard.

Il importe de noter ici que la bâtisse des Lions, que l’on vient d’inaugurer, fait le pendant de ces quartiers d’hiver, contribuant ainsi a parachever le plan ini­tial de la décoration du centre du jardin dont l’axe principal est constitué par le mât totémique et le bassin des Otaries.

Nopen et Audet confirment ainsi l’importance du Nid de l’Aigle en tant qu’élément structurant de l’aménagement paysager du jardin central.


BAnQ
Patrimoine québécois
Revues et journaux
L’Action catholique, 15 juin 1947

En juin 1947, lors du 15e anniversaire de la Société Zoologique, L.-A. Richard résume dans L’Action catholique les premiers pas de l’aménagement paysager du nouveau parc. Il rappelle avec quel soin les dirigeants du comité du Jardin font appel à des spécialistes pour valider leur plan initial, dont les artistes paysagistes du gouvernement et ceux du Parc des Champs de Bataille qui furent mis à contribution; mais cela ne suffit pas.

En temps de crise, on doit fait preuve de rigueur budgétaire. On met de côté la soumission de la Société Hagembeck d’Allemagne qui avait cons­truit plusieurs des beaux jardins zoologiques de l’Europe, en raison des coûts prohibitifs qui auraient englouti une partie importante du budget. On fait plutôt appel à des voisins américains, la Société Zoologique de New-York qui envoie à ses frais son directeur, le docteur W. Reid Blair, qui évaluera avec les membres du comité les différents plans d’un chantier en devenir et les trouvera tout à fait adéquats.


BAnQ
Patrimoine québécois
Revues et journaux
L’Action catholique 28 octobre 1945

En octobre 1945, l’architecture du jardin Sylvio Brassard, souligne dans L’Action catholique que « dans toutes les autres constructions existantes comme dans tout projet nouveau, c’est le voeu des directeurs de la Société que l’inspiration vienne de notre ancienne architecture pour qu’avec le temps, le Jardin présente l’aspect d’un village, d’un petit coin bien caractéristique et typique de l’art canadien ».


Il nous reste à revenir aux origines, alors que le jardin est tout jeune encore et qu’il a peine reçu une première vague de visites.

En décembre 1933, Richard publie le premier article d’importance sur le Jardin dans Le Canada-Français, dans lequel il expose clairement sa vision : « on peut y admirer, dans le meilleur style de notre architecture nationale, la reconstitution embryonnaire d’un village canadien-français, du temps où les boîtes à l’américaine et les escaliers en tire-bouchon étaient encore inconnus chez nous ». Démontrant une fibre nationaliste, il ajoute une remarque tout à fait intéressante, qui peut encore nous faire réfléchir, plus de trois-quarts de siècle plus tard.

Ceux qui ont conservé le souci de l’esthétique peuvent, par comparaison, se rendre compte du mal que l’influence américaine nous a causé et se demander si, avant de refranciser notre Québec, il n’y aurait pas lieu tout simplement de le désaméricaniser. Au seul point de vue des réflexions utiles qu’il peut inspirer en matière d’architecture, le Jardin Zoologique justifie déjà l’heureuse initiative de MM. Laferté et Dupré.

Voilà une belle perle à ajouter à nos considérations sur le patrimoine bâti et l’aménagement paysager. La question qu’on peut maintenant se poser aujourd’hui : a-t-on pris tant de soin à penser ainsi l’aménagement du nouveau jardin, qui sera un lamentable échec, après avoir gaspillé des millions? Nous y reviendrons dans une note à paraître.


En attendant, avec tout cet investissements dans les travaux paysagers, on fera un autre tour d’histoire : il faut créer de l’affluence sur les lieux, et là encore, la Société zoologique aura fait ses devoirs.

Prochaine note - au courant de septembre

1934-1959 - On couvrira cette fois un quart de siècle où on parlera du Nid à travers tous les médias, pour tenter de répondre à une question fondamentale. Est-ce qu'on finira par comprendre son histoire culturelle et les légendes de ses emblèmes? Ou restera-t-on devant une oeuvre d'art muette?

Mises à jour

  • 2019-09-06 – Refonte de l’article – ajout d’une section sur l’héritage architectural.
  • 2019-10-05 – Remplacement de la photo d’archives dans la section Promenade devant le Nid

Une réflexion sur « Au pied d’un Nid »

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