Où est le Nid de L’Aigle?

Totem poles at Kitwanga – Grand Trunk Pacific Railway 1915
William James Topley (1845-1930)

Bibliothèque et archives Canada —3587915

Comment est née cette série de notes sur les origines et le démantèlement du mât totémique Le Nid de l’Aigle, du Jardin zoologique de Charlesbourg? Et surtout d’où venait-il? Long itinéraire en vue!

Depuis de trop nombreuses années, l’histoire du Nid de l’Aigle, trônant au Jardin zoologique de Québec de 1933 à 1995, s’étirait à travers de multiples révisions, de tentatives échouées de publication en ligne et surtout de discussions lassantes pour les personnes de mon entourage. Il fallait aboutir à une réalisation concrète. Je demeurais convaincu qu’il fallait persister et explorer une époque et des lieux que je ne connaissais pas, à vrai dire. La culture Tsimshian de la Côte Nord-Ouest, juste au sud de la frontière du Yukon et à l’est d’une partie de la frontière de l’Alaska, était encore un mystère; encore plus ce qui s’y passait dans les années 1900.

Totem au Jardin zoologique de Québec
Paul Carpentier, 1943

Bibliothèque et Archives nationales du Québec
E6,S7,SS1,P2123

Une recherche commence parfois modestement. Par exemple, ce cliché de Paul Carpentier était la seule et unique photo numérisée du Nid de l’Aigle, dans la collection patrimoniale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Il fallait apprendre à chercher ailleurs. C’est pourquoi la photo Totem poles at Kitwanga en haut de page est d’une signification particulière pour moi. Elle m’avait étonné en apparaissant dans une des premières recherches d’images que je fis sur le site de Bibliothèque et Archives Canada. Je n’avais jamais rien vue de semblable. Cet étonnement provenait surtout du fait que les mâts totémiques étaient comme une « chose inconnue », sinon un vague souvenir de quelques visites au Jardin zoologique du Québec à Charlesbourg durant les années 1960. Voir cet homme en chemise et cravate, debout au pied du premier mât d’une rangée de mâts alignés devant des maisons de planches, se profilant devant un paysage entouré de montagnes était une première surprise. Je n’avais jamais imaginé de telles rangées de mâts totémiques.

Kitwanga, un lieu national historique


Quant à Kitwanga, je n’avais jamais entendu parler de cet endroit non plus, sur les rives de la rivière Skeena, et j’étais surtout étonné qu’un itinéraire Google proposait une randonnée de plus de 1 200 kilomètres au nord de Vancouver pour s’y rendre. Ce village était dans une région probablement inconnue par beaucoup de Canadiens. Tout cela était du nouveau.

Premiers pas dans les archives…

Nid de l’Aigle
Marius Barbeau 1927

Musée canadien de l’histoire
69761

C’est un peu plus tard que je repérai la première photo du Nid de l’Aigle sur ses lieux d’origine dans les archives du Musée canadien de l’histoire (MCH). On reculait en 1927 et j’entrais dans le monde fascinant de l’ethnologue Marius Barbeau, un autre inconnu à ce moment, au moment où il découvrit le mât dans le village abandonné de Gitiks. Tout ce qui s’est passé depuis aura permis de développer un document de recherche qui est devenu de plus en plus volumineux. Il fallait trouver un moyen simple pour raconter cette histoire. Après avoir longtemps hésité à publier une série de notes la exposant toutes les facettes de cette épopée permettant de ramener ce mât à Québec, voici que nous sommes en tête de la publication de cette série, enfin! En plus de raconter une histoire, je désirais que ces notes contribuent à alimenter notre réflexion sur la préservation du patrimoine autochtone, plus particulièrement de leur art monumental, en espérant qu’on puisse éviter des erreurs futures lorsqu’il s’agit de les conserver, même expatriées de leur milieu d’origine. Même si le démantèlement de 1995 s’est produit dans des circonstances nébuleuses, sans trop de protestation dans la région de Québec, on doit pardonner la méconnaissance si des décisions malheureuses ont été prises pour parvenir à sa disparition du paysage urbain. L’information disponible au moment de prendre de telles décisions était-elle insuffisante, faute de moyens ou de ressources? C’était une belle l’opportunité : essayer de remplir un vide apparent. En bénéficiant de l’enrichissement des ressources documentaires maintenant disponibles sur le web, on pourrait tenter d’éclaircir ce nuage. Mais quand on commence à creuser à travers les journaux des années 1930, encore plus dans les archives numériques d’un bout à l’autre du Canada, on devient submergé au point d’accumuler une masse d’information qui devient incontrôlable; on doit se ressaisir un peu.

Nid de l’Aigle devant l’étang du totem
SZDQ Circa 1990

(reproduction numérisée temporaire)
Bibliothèque et archives nationales du Québec
P884

Sans être historien de carrière, mais bénéficiant d’une formation universitaire en anthropologie, on comprend rapidement qu’il faut une organisation rigoureuse de ses ressources documentaires. On saisit également qu’il faut aller au-delà des sources disponibles en ligne. Il faut apprendre à lever le couvercle de contenants d’archives, pour dénicher des trésors insoupçonnés, inaccessibles autrement. À leur tour, ces « repérages d’information » nous orientent sur de nouvelles pistes et permettent d’insuffler un nouvel élan à une recherche qui a piétiné peut-être par lassitude, mais beaucoup plus par manque de temps. Seule une retraite professionnelle permet de palier à ces lacunes, et j’y suis! Alors, après tant d’années avec des notes en rédaction en feu arrière, c’est en novembre 2018 que la recherche commence vraiment à se concrétiser. Un série de visites au « kilomètre zéro du réseau des archives au Québec » a permis d’explorer en premier un premier fonds d’archive, celui de la Société zoologique de Québec, qui comporte près de 7 mètres linéaires de documents textuels et iconographiques. Je devais apprendre à les ratisser, en utilisant l’outil de recherche Pistard, maintenant devenu Advitam, plus puissant encore. Me voilà rendu sept mètres plus loin, sans mentionner d’autres fonds qui seront présentés dans les notes suivantes.


INFORMATION COMPLÉMENTAIRE …

Revue des sources documentaires en ligne au moment de la publication, photoreportages ou études de cas en relation avec le thème abordé dans cette note.

Pour les nostalgiques

ZOO
Visite du jardin zoologique de Québec. BAnQ – FC06075

Si le coeur vous en dit, vous pouvez vous replonger à l’époque des documentaires dont la musique ressemble à celle de la série Le temps d’une paix, et écouter une narration typique des années 1950! Voyez cette production de l’Office de publicité de la province de Québec. C’est un petit trésor! Qui sait, le Nid de l’Aigle vous fera peut-être un clin d’oeil?

Documentation consultée

BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA (BAC)
Recherche dans la collection
— Recherche dans la collection — Requête « Totem poles » onglet images

BIBLIOTHEQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BANQ)
— « Au coeur de la Capitale Nationale, Le kilomètre zéro du réseau des archives au Québec »; BAnQ Québec
— Advitam — Recherche simple ou avancée
— Advitam — Fonds Société zoologique de Québec inc 1931-2016

MUSÉE CANADIEN DE L’HISTOIRE (MCH)
Recherche dans la bibliothèque et les archives

Votre opinion est appréciée...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s