1934-1939 : Un jeune jardin

Photo d’archives à la une

Invités sur le pont de pierre de la Rivière-Du-Berger
Deuxième congrès de l’A.C.F.A.S., 1934
BAnQ – Annales de l’A.C.F.A.S. 1935, page 185

NOTE 13

Suite à l'arrivée du Nid de l'Aigle, le Jardin zoologique est une attraction touristique qui sera de plus en plus courue dans la région de la capitale. Voici les faits marquants de la fin des années 1930.

Avis : Suite à un problème technique, cet article a été publié avant la date planifiée. Quelques corrections seront apportées.

En tenant compte uniquement des archives des revues et journaux disponibles en ligne seulement dans la collection patrimoine québécois de BAnQ, on peut estimer qu’entre 1934 et 1939 on publiera plus de 400 articles sur le Jardin zoologique; près de 300 si on se limite aux grands quotidiens du Québec (La Presse, Le Devoir, L’Action catholique et Le Soleil).

Tout jeune, l’identité du jardin varie selon les journalistes (Le Jardin Zoologique Provincial, de Charlesbourg, de Québec). Dans ces années, il faut bien reconnaître qu’on ne pratiquait pas encore le « branding » qui est, dans le domaine du marketing, la discipline qui consiste à gérer les marques et l’image de l’entreprise qui doit en exploiter sa visibilité.

Avec la popularité grandissante de l’automobile, on misera de plus en plus sur le développement de l’industrie touristique, comme on le verra; en plus de parler du Jardin zoologique dans les revues et journaux, d’autres initiatives permettront d’assurer l’influx du tourisme.


1934

Les 400 ans du Canada

En 1934, on sera moins bavard sur Le Nid, comme il a déjà connu son heure de gloire l’année précédente. Comme on l’a vu dans la note Au pied du Nid, c’est sur une plus longue période qu’il s’est imposé dans le paysage, trônant au nord du jardin central du parc. En plus du totem, il y a de nombreuses attractions dans ce parc, au niveau de la flore et de la faune, et la Société zoologique mettra tout en oeuvre pour que ce lieu soit fréquenté.

L’année en bref

  • Dans Le Soleil du 13 janvier, pendant que le jardin est en hibernation, le Dr A. Brassard prend soin de rappeler que le Nid de l’Aigle était un don de la Société Zoologique au Jardin Zoologique, « un mât totémique authentique […] pour rappeler l’histoire d’une tribu de sauvage de l’Ouest Canadien ».
  • C’est une troisième saison qui s’amorce, annoncée dans Le Soleil et dans L’Action catholique du 19 mai. On continue à considérer le jardin comme un projet en chantier. « Bien que l’organisation ne soit pas encore complètement terminée, le Jardin Zoologique ouvrira quand même ses portes au public dimanche le 20 mai. En avançant de quelques jours la date de l’ouverture, nous permettons ainsi au public, désireux de visiter cet endroit. de profiter des beaux jours du printemps à la campagne ».
  • Dans Le Devoir du 3 novembre, on peut prendre connaissance du bilan de la seconde saison en rapportant plus de 125 000 entrées au jardin, comparativement à 95 000 la saison précédente. Brassard attribue ce succès aux améliorations et à l’ajout de nouvelles espèces, ainsi qu’à l’implication de la Société zoologique.

Un Jardin Zoologique Provincial

Panorama de la ville de Québec circa 1934
BAnQ – Québec, ses régions de tourisme, page 26

Carte routière et touristique de la province de Québec, 1933
BAnQ – 0005278856

Le Samedi, 5 août 1933

Dans la revue illustrée Le Samedi du 5 août 1933, on avait déjà souligné l’inauguration d’un jardin zoologique provincial en même temps que celle du nouveau musée provincial sur les Plaines d’Abraham. Deux nouvelles attractions touristiques venaient d’ouvrir à Québec, pouvant susciter de l’intérêt autant pour la population locale que pour les touristes.

Votre voyage
ne sera pas complet
si vous n’avez vu
le Jardin Zoologique
de Québec

Dr Armand Brassard


Pour les automobilistes qui désiraient se rendre dans la vieille capitale, le Jardin Zoologique Provincial, comme on le nomme officiellement depuis juillet 1933, apparaissait maintenant sur la carte touristique dépliante publiée par le Ministère de la Voirie. Elle comportait également une vue plus détaillée du district de Québec sur laquelle cette attraction se trouvait en plein centre. C’était d’ailleurs la seule spécifiquement nommée, dans la région. C’est sur la route 15 qu’on la retrouve; elle deviendra plus tard la route 54.


Un nouveau guide

Québec, ses région de tourisme, 1934

En 1934, c’est au tour de l’Office provincial du tourisme de publier sa première édition du guide Québec, ses régions de tourisme, un opuscule d’une quarantaine de pages très intéressant à lire en ligne pour voir ce qu’on raconte à cette époque. Même si le jardin est tout jeune encore, on le mentionne déjà comme un des attraits de Québec.

La ville de Québec est enfin un centre de tourisme incomparable. Outre les nombreux attraits déjà mentionnés, un service d’hôtellerie de première classe, la pratique de tous les sports en plein air et la proximité
d’un vaste territoire de chasse et de pêche facilement accessible par auto mobile ou chemin de fer, contribuent à augmenter sa popularité auprès des touristes, qui peuvent aussi faire dans un court rayon de très intéressantes promenades: visites à l’île d’Orléans, aux chutes Montmorency, à Sainte Anne-de-Beaupré, au Jardin Zoologique de Saint-Pierre-de-Charlesbourg,
à Lorette, à Cap-Rouge, aux lacs Saint-Charles, Beauport et Saint-Joseph.


Pour demeurer dans la même veine, on s’adresse particulièrement aux automobilistes dans la Revue moderne de juin.

La revue moderne, Juin 1934

Combien d’automobilistes qui ne savent souvent pas comment employer leurs loisirs, trouveraient plus qu’ils ne désirent s’ils choisissaient comme but de promenade cet endroit enchanteur. En cours de route, ils jouiraient des paysages divers qu’offrent nos campagnes québécoises durant la belle saison. Ils rapporteraient de leur journée de bons souvenirs et peut-être aussi un peu plus de connaissances en histoire naturelle.

Le directeur du jardin, le Dr Armand Brassard, conclut son article comme un publiciste bien avisé, élargissant son invitation en profitant d’une opportunité supplémentaire: la célébration d’un anniversaire important.

Enfin mes derniers mots seront une invitation cordiale, non seulement au public des environs de Québec; mais de la province toute entière. Cette année, à l’occasion du 4e centenaire «de la découverte du pays, il y aura des fêtes jusque dans la vieille cité de Champlain. Or, comme les visiteurs viendront des quatre coins de la province et d’ailleurs, ce sera, je crois, la meilleure occasion de faire une visite à cet endroit enchanteur. Votre voyage ne sera pas complet si vous n’avez vu le Jardin Zoologique de Québec


Nos animaux chez eux

Nos animaux chez eux
Claude Mélançon
Amazon.ca

Dans le Le Soleil du 16 juin, on annonce la publication d’un livre qui sera vivement recommandé pour les jeunes naturalistes qui fréquentent le jardin, Nos animaux chez eux de Claude Mélançon. On en fait la recension dans Le Devoir du 17 juillet et le ministre le plus attaché au jardin fait le commentaire suivant.

Incidemment, il constitue un excellent guide pour la visite du Jardin Zoologique de Québec et c’est pourquoi, en le pré­sentant au public, M. Hector Laferté, ministre de la Colonisation, de la Chasse et de la Pêche et fonda­teur du Jardin Zoologique, a bien voulu ajouter: « Je crois que ce li­vre arrive à son heure. Qui n’a dé­ploré, en effet, l’ignorance presque complète où nous sommes à l’en­droit de ceux que nos sauvages es­timaient à tel point qu’ils les ap­pelaient leurs petits frères. On n’a qu’à se rendre au Jardin Zoologi­que pour s’en rendre compte.

Dans Le Devoir du 1er septembre, la chronique des Cercles des jeunes naturalistes commencera à en publier des extraits périodiquement. On mentionne aussi cet ouvrage dans la revue L’Enseignement populaire de septembre, destinée aux enseignants et enseignantes de la province.


Québec-Montréal

Jardin Botanique . – [193-]
Archives Ville de Montréal- Fonds Service des affaires institutionnelles
CA M001 VM094-Y-1-17-D0165

Dans Le Devoir du 21 juin, un éditorial fait l’éloge du jardin zoologique en soulignant comment certains projets de Montréal sont en panne, dont le jardin botanique et l’arboretum, semble-t-il. « De fait, il y a du miracle dans ce jardin. C’est le gouvernement de Québec et le gouvernement d’Ottawa qui ont fourni les fonds, mais c’est la Société zoologique de Québec qui en a surveillé jalousement la dépense », écrit Louis Dupire. Et on louange grandement le site, ce qui est des plus invitants pour la population de Montréal, près de 700 mammifères et oiseaux à venir voir. En attendant que le jardin botanique ouvre au public quelques années plus tard.

Le choix de remplacement est un conte de fée: il fallait une rivière: il y a une rivière. Il fallait des accidents de terrain, il y en a; des arbres, il y en a. Il faut en abattre: il y en a trop; de la pierre pour bâtir, il y en à revendre. Ainsi de suite.


À propos du Nid

BAnQ – Le Devoir, samedi 21 juillet 1934

Dans Le Devoir du 21 juillet, en décrivant le Nid de l’Aigle dans le récit d’un visite au jardin, on ajoute de surcroit « une espèce de monu­ment aux diverses figures barba­riques« . Rappelons parfois qu’on parle de figures païennes à l’époque; on ne comprend pas la cultures des autres et cela n’a rien d’invitant en soi. On continue de parler des mât totémiques et du totémisme avec beaucoup de préjugés encore.


Les scientifiques de l’A.C.F.A.S.

Invités au congrès de l’A.C.F.A.S.
BAnQ – Annales de l’A.C.F.A.S

Le Soleil, 10 octobre 1934

Dans L’Action catholique et Le Soleil du 10 octobre, on voit également que le Jardin zoologique attire de la grande visite, soit les participants et participantes au 2e le congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences.

Comme on peut le constater dans les Annales de l’A.C.F.A.S, durant une séance publique, son directeur souligne l’encouragement reçu de plusieurs personnes pour l’organisation de la quatrième exposition régionale des Cercles des jeunes naturalistes à l’Académie commerciale, dont celle de Charles Frémont, président de la Société Zoologique.


1935

Au Jardin Zoologique de la province de Québec
BAnQ – Le Soleil, 4 septembre 1935, page 7

L’année en bref

  • Dans Le Soleil du 18 mai, on marque l’ouverture de la nouvelle saison du jardin et on annonce l’arrivée de nouveaux oi­seaux aquatiques, des volières d’oiseaux chanteurs plus remplies et de nouvelles espèces de mammifères.
  • Dans L’Action catholique du 31 août, on parle de 285 00 visites au jardin en moins de 3 ans. On considère qu’il est un actif considérable au point de vue touristique et éduca­tionnel.
  • Dans L’Action catholique du 5 novembre, on annonce qu’on ne ferme pas officiellement la saison pour que les visiteurs puissent voir les castors à l’oeuvre dans leur saison la plus active. On désire aussi établir un programme d’hiver pour les causeries dans les institutions scolaires. On vient d’atteindre 100 000 visites pour l’année qui s’achève.

Un sous-ministre honoré

BAnQ – Le Soleil du 4 septembre, page 3

Dans L’Action catholique du 3 septembre et dans Le Soleil du lendemain, on apprend que Louis-Arthur Richard reçoit l’Ordre du mérite agricole pour pour la part qu’il a prise a l’établissement du Parc National des Laurentides et du Jardin zoologique.

Instigateur de l’acquisition du Nid de l’Aigle, rappelons que son résumé de carrière est imposant. Il a étudié au Sé­minaire des Trois-Rivières et à I’Université Laval. Il est conseil du roi (CR) et docteur en droit. Il a été pendant dix ans secrétaire de sir Lomer Gouin et ensuite sous-ministre de la Colonisation sous MM. Perrault et Laferté; il l’est encore sous M. Vautrin à ce moment. Il a été également pro­fesseur de législation à l’École forestière.

Remarquez-vous quelque chose de particulier dans le portrait de Louis-Arthur Richard, en agrandissant cette rubrique? Souvenez-vous de ses amis, dans les notes précédentes.


À propos du Nid

Campement au pied du nid, tel que décrit le 13 février 1935, le laboratoire d’ornithologie sur la droite. On ne connait pas la date à laquelle il fut élevé comme une exposition temporaire.
== BAnQ – Fonds

Totem
Laboratoire ornithologie

Dans Le Canada du 13 février 1935, on publie une communication intitulée « Une description sur le Jardin zoologique de Charlesbourg depuis 1931 », donnée par M. Rolland Dumais à l’Université de Montréal. Dans ce tour guidé des secteurs du jardin, il décrit comment on se dirige vers le Nid de l’Aigle et fait part d’un projet d’exposition qui aura lieu lors d’une saison suivante, si on en croit la photographie ci haut.

En quittant la section ornithologique, nous franchissons un immense champ, en majeure partie déboisé, qui sera avant peu l’arboretum où seront représentées nos principales essences forestières canadiennes. Au nord, près de la clôture de borne, s’élève un mât totémique, au­thentique, qui nous vient de l’ouest canadien. Il pèse trois tonnes et il est toute d’une pièce. Il a 66 pieds de haut. Avec quelques tentes indien­nes, ce coin rappellera plus tard, a notre population, d’une manière exacte et vivante, les moeurs et cou­tumes de nos anciens sauvages.



1936

Chouettes dans la volière d’hiver
Paul Carpentier 1938
BAnQ – Fonds ministère de la Culture et des Communications
 E6,S7,SS1,P1707

L’année en bref

Dans L’Action Catholique et dans Le Soleil du 16 mai, on souligne le succès de la saison précédente; on a dénombré 100,000 visites au jardin. On annonce de nouveaux pensionnaires pour cette nouvelle saison. Chez les oiseaux, on compte no­tamment les bernaches communes, les mésanges, les chouettes cen­drées, les gros becs des pins, les dindes sauvages. Chez les mammifères, on retrouvera le mouflon, le loup-cervier, le lièvre et la loutre.

Pour motiver les professeurs à faire visiter le jardin, on annonce le lancement d’un programme de journées-école, qu’on détaille dans Le Devoir du 16 juin dans l’édition du 22 juin.

Ces journées-écoles permettront aux en­fants qui fréquentent les maisons d’enseignement du district de Qué­bec d’étudier les sciences naturel­les sur le terrain, sous la direction de guides compétents tout en pas­sant une agréable journée dans un beau jardin. Des conférences amu­santes et des représentations ciné­matographiques seront données aux enfants. Enfin, il leur sera per­mis d’herboriser dans le jardin, de visiter les laboratoires et d’étudier sur place les animaux.

Dans Le Soleil du 2 novembre, on annonce la fermeture du jardin pour l’hiver en annonçant 80 000 visites, dont 20 000 touristes et 4 000 écoliers ayant profité des journées-école, dans le cours de la saison d’été. On indique qu’on est passé de 114 espèces à 130 espèces : des ours polaires, une collection de lièvres, des dindons sauvages, des faucons et plusieurs espèces d’oiseaux chanteurs.


À propos du Nid

Au niveau du Nid de l’Aigle, à l’ouverture de la saison d’été 1936, on lui porte une grande estime. La rubrique « Lettre de Québec » de La Presse du 24 juin s’ouvre ainsi : « Le Jardin Zoologique de Charlesbourg de nouveau vient d’ouvrir ses portes et le grand Totem du « Nid de l’Aigle » qui fièrement domine le Parc semble comme nous inviter à visiter ce beau coin de nature québécoise ».


C’est probablement la seule fois qu’on semble prêter au mât un trait de personnalité en le trouvant invitant, rien de moins! On souligne qu’il avait été élevé comme un épitaphe à la mémoire des ancêtres du clan de l’Aigle, sur la tombe d’un grand oncle du clan, sa création aurait été initiée par un défi que se lancèrent les chefs de sculpter le plus grand mât, suite à des combats. Même si ses blasons racontent une histoire, ce n’est pas nécessairement celle des migrations ni de la lutte entre les clans du nord et les clans du sud, dont l’invasion de la Nass par le clan de l’Aigle, subséquente à l’éruption volcanique qui eut lieu vers 1760. Peu de gens sont au courant de la présence des volcans sur la Côte Nord-Ouest. Nous reviendrons sur cette éruption et cette migration, dans une autre note. Ce résumé sera publié à nouveau le 5 juin 1940 et le 15 juillet 1948, sans altération.


1937

Le succès de l’année, le plongeon des ours blancs
Société Zoologique de Québec – Carte postale circa 1935
BAnQ – Collection Magella Bureau (entre 1890 et 1965) 
P547,S1,SS1,SSS1,D79


L’année en bref

  • Dans Le Soleil du 20 mars 1937, on annonce que le tourisme a rapporté 64 M$ à la province pour 1936; pour Québec et ses environs, on note une aug­mentation de 35 pour cent en évaluant à 6,3 M$ l’argent lais­sé par les touristes. Le Jardin Zoologique de Charlesbourg a reçu pendant l’été 80 000 vi­sites, dont 20 000 touristes améri­cains, une aug­mentation de 100 pour cent sur l’an dernier.
  • Dans Le Soleil du 15 mai, on annonce l’ouverture du jardin pour le lendemain en énumérant une grande variété d’espèces qui enrichiront la collection. On mentionne aussi que « des journées-écoles au­ront lieu cette année encore ».
  • Dans L’Action catholique du 24 août, on déclare 85 000 visites et annonce aussi qu’on est sur le point de terminer un nouvel étang à canards sauvages. Le 5 novembre, on annonce la fermeture pour le lendemain.
  • Dans L’illustration nouvelle du 3 septembre, « On a placé au sommet un totem de 65pieds, don de la nouvelle Société Zoolo­gique de Québec, sur lequel d’é­tranges inscriptions disent l’his­toire d’une tribu indigène vivant Jadis dans la vallée de la rivière Nass, en C.B. »
  • Dans L’Action catholique du 5 novembre, on fait part du succès du programme des journées-école. Aves l’affluence grandissante, on devra envisager un nouveau stationnement. On parle du succès de plusieurs attractions, dont le « camp du trappeur canadien ». Les plongeons dans l’étang des ours blancs attirent particulièrement le public. Ils font des prouesses en plongeant dans l’étang et le jardin reçoit des témoignages de zoologistes américains qu’il n’y a pas un seul jardin aux Etats-Unis où ils sont si amusants.

À propos du Nid

Moulin à vent – Aquarelle de Maurice Goudreau circa 1937
BAnQ – L’étoile du Nord du 5 août 1937 section magazine page 1

Dans l’Étoile du Nord du 5 août, un journal de la région de Joliette, on présente un portrait idyllique du jardin zoologique, illustré de quelques aquarelles de Maurice Goudreau; après le Nid de l’Aigle, le moulin demeure le symbole iconique du jardin, toujours présent sur les lieux depuis près d’un siècle. On met particulièrement en valeur les éléments de son architecture canadienne et on n’oublie pas de rappeler la présence du Nid de l’Aigle. Ce portrait parait aussi Le bien public et dans Le Canada Français, à la même date.

La section des arbres est un grand carré de terrain entouré de bosquets, de rangées d’arbres canadiens, d’arbustes de toutes espèces. Au centre, un Totem authentique, présenté par la Société Zoologique de Québec, dres­se ses soixante pieds.


1938

Ours polaire au jardin zoologique à Charlesbourg
Paul Carpentier 1938
Fonds ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P3283

L’année en bref

  • Dans L’Action catholique du 30 avril, on annonce que l’ouverture du jardin aura lieu 15 jours plut tôt.
  • Pour la seconde année, les ours blancs son en vedette. Dans l’édition du 29 mai, la chronique du Cercle des jeunes naturalistes rappelle que « le principal facteur de cette popularité est sans contredit les trois splendides ours polaires que nous a apportés la compagnie de la Baie dHudson à l’automne 1936 et que nous avons exhibés dans une magnifique cage en fer de 50 pieds carrés, où tout a été prévu pour que ces animaux aient une captivité aussi agréable que possible ». On fournit beaucoup de détails à propos de ces pensionnaires.
  • Dans L’Action catholique du 2 septembre, on annonce la fermeture du Jardin suite à des dégât causés par le tempête du 31 août. On l’ouvrira le dimanche pour que le public puisse constater les dégâts et on le refermera pour deux semaines, par la suite.
  • Dans L’Action Catholique du 27 octobre, on annonce la fermeture pour le 30, en rapportant 100 000 visites pour la saison passée. On parle des nombreuses visites des cercles des jeunes naturalistes et un grand nombre d’écoliers. On rapporte à ce moment une collection 114 espèces de mammifères et d’oiseaux gardés au jardin. On rapporte des information également dans La Presse du 28 octobre.

Un zoo l’hiver

Même sous la neige la beauté du Jardin zoologique de Charlesbourg attire les regards
Québec : Office du tourisme, Province de Québec : (entre 1937 et 1943)
BAnQ – Patrimoine Québécois / Images
0002642596

Concours de photographie
BAnQ – Patrimoine québécois / Revues et Journaux
Le Soleil, 4 janvier 1938, page 16

Un photographe talentueux de l’Office du tourisme croque une magnifique photographie du moulin pendant l’hiver. Le concours de photographie organisé par le Syndicat d’initiative de Québec présente des photographies d’hiver prises au jardin zoologique, parmi lesquelles on reconnaît bien le pont presqu’aussi blanc que la neige et le moulin antique dont les ailes tournent au vent.


À propos du Nid

BAnQ
Patrimoine québécois
Revues et journaux
L’Oiseau Bleu, Août Septembre 1938, page 13

Dans une autre Chronique du Cercle des jeunes naturalistes publiée dans L’oiseau bleu de août-septembre, en plus d’inciter les jeunes à herboriser leur de leur visite, on fait un clin d’oeil au totem qui fait partie de la visite après être passé devant la grande volière.

Plus loin se trouve un « Totem pole » authentique, arrivé des forêts isolées des Montagnes Rocheuses et que les connaisseurs considèrent comme un superbe spécimen de l’art indien. Il est taillé dans un tronc de Pin rouge de la Colombie, mesurant soixante-dix pieds de longueur. On estime qu’il a cent ans d’existence. Il rappelle la rivalité séculaire entre les clans de l’Aigle et du Loup. Encore une fois l’on voit vérifier le dicton: « L’homme se peint dans ses oeuvres. »

Que l’homme se peigne dans ses oeuvres, certes, mais cent ans d’existence le ferait remonter à 1838, une exagération selon les faits connus.


1939

Jeunes orignaux
R. Bernard, 1936
BAnQ – Fonds ministère de la Culture et des Communications
E6,S7,SS1,P1191

L’année en bref

  • Un des événements marquants de l’année est la capture de jeunes orignaux dans le parc national des Laurentides qu’on avait annoncé en avril et dont on fait état en mai; on pourra maintenant les voir de près.
  • Dans L’Action catholique du 22 mai, on rappelle les grand dégâts de 1938 et on annonce qu’il n’y aura pas d’ouverture officielle dans ces circonstances, le jardin étant en chantier; le public se rend en grand nombre pour voir les travaux en cours.
  • Au niveau des journées-école, on fait état du nombre de visites pour certains groupes. Dans Le Soleil du 21 juillet, on constate que 600 orphelins en ont bénéficié et dans L’Action catholique du 28, une initiative de l’O.T.J. a permis à 216 enfants de se rendre au jardin.
  • Dans Le Soleil du 9 octobre 1939, on rapporte la cérémonie de dévoilement du monument coureur des bois === illustration.
  • Dans L’Action catholique du 31 octobre 1939, un compte rendu de l’assemblée annuelle de la Société zoologique résume les nouvelles attractions susceptibles de plaire, dont la construction de plusieurs bâtiments, cages, enclos et bassins. On réitère qu’on désire « propager la connaissance de l’histoire naturelle par des cau­series et conférences illustrées de projections cinématographi­ques. C’est une initiative qui intéresserait fortement tous ceux qui aiment a se renseigner sur la flore et la faune ».

Un zoo l’hiver

Hiver au jardin zoologique
BAnQ – Le Samedi 1 avril 1939 page 9

Dans Le Samedi du 1er avril, on présente le jardin sous son manteau hivernal tout en mettant en valeur son architecture canadienne, dont les quartiers d’hiver et le moulin. on rappelle que dès l’automne de 1938, de nombreux ouvriers ont construit une rocaille le long de la rivière DuBerger, un arboretum orné d’une terrasse et d’un lac, plusieurs cages pour les gros mammifères, etc.

=== vérifie dans quel article Au niveau de l’évolution de la collection, on mentionne qu’on loge actuellement 538 animaux comme suit: 261 mammifères, 260 oiseaux, 12 poissons et 5 reptiles; on présente en fait 114 espèces d’animaux, une augmen­tation de 23 sur l’année précédente.


Québec-Montréal

Habitants du zoo
BAnQ – Le Samedi du 22 avril

=== compléter la citationDans Le Samedi du 22 avril, on s’aperçoit que Montréal se fait damer le pion par Québec au niveau des ex


Un nouveau guide

L’Office du tourisme de la province de Québec publie une nouveau guide touristique intitulé Province de Québec, pays de l’histoire, de la légende et du pittoresque. Sa couverture est inspirée du guide de 1934 et on suggère encore une visite au jardin zoologique de Saint-Pierre de Charlesbourg. Agrandissez les 2 couvertures pour examiner les subtiles différences!

Cette fois-ci, on utilise la nouvelle numérotation des routes, annoncé par le Ministère de la Voirie dans son rapport de 1934, la route 15 devenant la fameuse route 54.

On explique ce changement parce que les automobilistes, surtout les automobilistes étrangers, étaient parfois induits en erreur aux bifurcations, tant du côté de Québec que du côté du lac St-Jean. A Limoilou, par exemple, une branche de notre route 15 se dirigeait vers Ste-Anne-de-Beaupré et le comté de Charlevoix en suivant le fleuve St-Laurent tandis qu’une autre branche se dirigeait vers le Parc des Laurentides, en direction du nord-ouest.


Et pour la suite des choses

Cette note est un exemple qui permet de mieux comprendre l’évolution du jardin d’année après année et démontre bien que le Nid de l’Aigle ne vit pas en vase clos. On en parle peu, malgré sa présence imposante, mais à chaque fois on sent une certaine confusion relativement à comment il est perçu, se bornant à être un objet de curiosité plus qu’une oeuvre artistique autochtone issue de la grand pratique culturelle du potlatch, où se célèbrent les histoires qu’on y raconte.

Pourtant, comme on le verra, il demeure un symbole important pour le jardin, qui aurait pu se démarquer encore plus dans le « branding » du jardin. C’est un aspect que nous allons maintenant examiner, mais sur une plus longue échelle de temps.

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