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Changement de cap…

EN RETRAITE? PAS VRAIMENT…

Il n’y a pas eu de publication depuis longtemps? Disons que la profession d’analyste d’affaires est derrière moi. Étant de retour à Québec et maintenant retraité – professionnellement – depuis juillet 2017, j’investis mon temps sur la recherche ethnologique, plus particulièrement en voie de compléter un mémoire sur la préservation du patrimoine autochtone.

UN SURVOL DE LA RECHERCHE

Juste pour vous tenir au courant, travaillant depuis plusieurs années sur l’histoire du mât totémique du Le Nid de l’Aigle, présent au Jardin Zoologique du Québec de 1933 à 1995, je scrute les événements ayant conduit à son acquisition et son démantèlement, afin d’entamer une réflexion sur la préservation du patrimoine autochtone, espérant qu’on puisse utiliser cette recherche pour éviter des erreurs futures lorsqu’il s’agit d’une appropriation culturelle.

Le Nid de l'Aigle
1943 – Paul Carpentier Totem au Jardin zoologique de Québec BAnQ 02123

Il faut pardonner la méconnaissance quand des décisions malheureuses surviennent, l’information disponible au moment de les prendre est parfois insuffisante, faute de moyens ou de ressources. Et quand on commence à creuser, au point que la variété des documents consultés s’accumule et résulte en une masse d’information incontrôlable, on se ressaisit. Ce qui demande une meilleure organisation chronologique des sources, d’une part, et un examen plus approfondi de fonds privés d’archives pour aller au-delà des sources numériques disponibles en ligne, déjà très nombreuses. Le moment est venu de lever le couvercle sur des boîtes à trésors insoupçonnés, qui à leur tour nous orientent sur de nouvelles pistes et permettent de donner un nouveau souffle à une recherche qui piétine parfois par lassitude.

Novembre 2018 a été utilisé à cette fin, avec maintes visites au pavillon Louis-Jacques-Casault où loge « le kilomètre zéro du réseau des archives au Québec ». C’est là que sont conservés les documents du Fonds privé de la Société zoologique de Québec Inc. – 1931 à 2016 (P625), qui comporte 6,85 mètres linéaires de documents textuels et iconographiques. Pour chaque contenant, la description détaillée de chaque contenant du fonds a été examinée; ont été retenus les dossiers les plus pertinents qui permettraient de faire progresser les connaissances sur le cycle de vie du mât. Le résultat de cette première revue, une première expérience également, s’est avéré bien utile pour mieux articuler la recherche.

Les notes de recherche sur lesquelles je travaille couramment sont distinctes du corps de texte de la recherche, qui retrace l’histoire complète du mât au moment où il a été sculpté vers 1870 sur les rives de la rivière Nass à 1 000 kilomètres au nord de Vancouver, dans le village maintenant abandonné de Gitiks, jusqu’à 2007 au moment où le démantèlement du Nid de l’Aigle a été porté à ma connaissance. Ces notes serviront à mettre à jour le corps du texte, qui contextualise les événements à la lumière des recherches ethnographiques accumulées sur la côte Nord-Ouest, plus particulièrement sur la culture Nisga’a d’où provient ce mât.

Une réflexion est en cours sur la publication éventuelle des notes et du corps de texte, rédigé sous forme de mémoire de recherche.

Mais pour un clin d’œil sur la culture Nisga’a et Tsimshian, consulter l’album Pinterest Northwest Coast Heritage – en construction. En ce qui a trait à la meilleure source ethnographique sur cette culture, le Handbook of North American Indians, Volume 7, Northwest Coast a aussi été une source documentaire inestimable, dont certains chapitres spécifiques font partie du matériel de recherche.

Pour enrichir l’information repérée à BAnQ, on a utilisé l’outil de recherche de Bibliothèque et Archives Canada. Couramment, on explore le millier de documents attachés a 5 fonds numériques traitant de la correspondance sur les mâts totémiques en Colombie-Britannique (photos et coupures de journal), une série de cahiers noirs produits par Affaires indiennes du  Canada de 1914 à 1938. On a particulièrement porté attention au contenu du dernier fonds de la série qui couvre de 1931 à 1938, période où le mât a été acheté. On a pu récupérer la plupart des correspondances de l’ethnologue Marius Barbeau, du controversé Surintendant des Affaires indiennes Duncan Campbell Scott,  et du sous-ministre L.A. Richard (1)  les 3 acteurs principaux pour l’acquisition du mât, afin d’en faire l’analyse, qui est en cours.

1929 -Mâts remorqués rivière Nass -  MCH nc 73044 LS
1929 Marius Barbeau – Mâts remorqués rivière Nass – MCH nc 73044 LS

Pour le moment, quelques « trous » dans le fil des événements sont à combler, notamment l’information sur le transport à partir de Prince-Rupert, en Colombie-Britannique. Il est étonnant que cette arrivée par train, et son transport à Charlesbourg, n’apparaissent pas à quelque part dans les médias de l’époque, dans la région de Québec. Comme c’est Marius Barbeau qui a été en charge de ce trajet, on envisage de travailler avec le gestionnaire de son fonds, au Musée de l’histoire à Ottawa, pour éventuellement retracer des documents en traitant.

Un autre aspect crucial est de retracer le rapport des années 90 qui fait état de sa détérioration, recommandant son abattage d’une pièce importante de patrimoine culturel autochtone, tel que mentionné dans un article du journal le Page A3 du journal Le Soleil du 3 mars 1995 (BAnQ collection patrimoniale).

Pour les nostalgiques
ZOO
Visite du jardin zoologique de Québec. BAnQ Numéro de référence: FC06075

Et si le coeur vous en dit, pour vous plonger à l’époque des documentaires sur à la musique comme on en retrouve dans Le temps d’une paix, et sa narration typique des années 50, regardez ce documentaire produit par l’Office de publicité de la province de Québec, une visite du jardin zoologique de Québec et présentation de quelques espèces d’animaux. Qui sait, peut-être apercevrez-vous le Nid de l’Aigle?


Notes :

(1) Sous le règne de Hector Laferté, alors ministre de la Colonisation, de la Chasse et des Pêcheries de 1930 à 1934, au moment de la création du Jardin zoologique de Québec

(2) Source de l’illustration : Totem poles at Kitwanga – Grand Trunk Pacific Railway (lien)

La maturité de vos processus

Au delà de l’analyse d’affaires, utilisée ponctuellement pendant des projets de transformation, la gestion des processus englobe le cycle de vie complet des opérations et du support d’entreprise. Son objectif principal est d’ajouter de la valeur pour les clients ou les fournisseurs, avant tout.

Le degré de maturité de gestion des processus, cette capacité d’atteindre une compréhension suffisante pour bien les gérer, a été mesuré par le groupe Gartner (1) qui a démontré que 75% des entreprises ont une reconnaissance initiale de leurs déficiences opérationnelles, sans plan d’action structuré pour y remédier (phase 1). Il n’y a que 20% des entreprises qui reconnaissent l’importance de la gestion des processus en créant une culture corporative qui laisse place à leur compréhension, tout en apprenant comment les améliorer (phase 2). Pourtant, la gestion des processus peut permettre de résoudre concrètement des situations auxquelles il faut faire face, pour tenir sa place sur le marché.

Gartner Business Process Maturity Model
Gartner Business Process Maturity Model

Cependant, il ne reste qu’un mince 5% des entreprises qui s’engagent plus loin. Elles tentent d’améliorer et d’urbaniser leurs processus en mode continu, l’automation étant une des voies de cette urbanisation (phase 3). D’autres essaient ensuite d’optimiser les relations entre les processus transversaux – entre leurs unités fonctionnelles, leurs fournisseurs et leurs clients (phase 4). Une fois ce stade franchi, certaines entreprises établissent un lien direct entre le produit de leurs processus et leurs enjeux opérationnels ou stratégiques (phase 5). Enfin, les plus proactives s’alignent sur les meilleures pratiques de l’industrie pour s’ajuster rapidement aux exigences croissantes du marché mondial et réussissent même à devenir des chefs de file (phase 6).

Ces objectifs sont ambitieux. Comment sortir de la meute et atteindre ces standards élevés? Implanter une pratique de gestion des processus soutenue par la direction, socialisée et surtout s’inscrivant dans un cadre de gouvernance bien établi est le seul moyen efficace; c’est un engagement collectif.

Pour beaucoup d’organisations, il est essentiel de générer des gains à court terme et c’est un bon moyen de passer du niveau de maturité phase 1 à phase 2. En effet, un projet bien défini sur un processus problématique permettra d’identifier des pistes d’amélioration et des gains mesurables. Une fois les bénéfices d’amélioration reconnus, il sera plus facile de financer l’automatisation du processus à améliorer. L’organisation qui fait plusieurs petits succès aura plus de facilité à passer en phase 2 du cycle de maturité.

Il est aussi illusoire de croire que l’amélioration des processus passe uniquement par des solutions technologiques, qui contribuent trop souvent à automatiser des problèmes au lieu de corriger les lacunes provenant de la culture d’entreprise (2). Est-ce surprenant, devant un marché où les revendeurs de solutions d’infrastructure subissent un déclin de leurs ventes, tandis les fournisseurs de solutions d’infonuagique et de mégadonnées, en pleine croissance, promettent mer et monde? Parle-t-on ici de la stratégie d’entreprise ou simplement de la sophistication des moyens, sans vraiment cibler la fin – se concentrer et se centrer sur le client?

Ignorance des coûts, absence de simulation avant de s’engager dans des dépenses de développement ou manque de gouvernance de processus, compris et appuyés par la direction? C’est là qu’il faut intervenir. Un accompagnement au démarrage d’une telle initiative est souvent nécessaire, pour établir les fondations.

Le défi de la gestion

Lorsqu’il est temps de mettre en place un pratique de gestion de processus d’affaires (BPM), l’ampleur d’une telle initiative demande des fondations solides. Il est possible que vous ayez besoin d’aide pour ce faire, afin de vous appuyer sur des pratiques reconnues. Remarquez que les fournisseurs de solutions conseils, spécialisés dans une telle pratique, ont  parfois une offre qui est souvent attachée à une solution technologique, ce qui n’est pas toujours souhaitable lorsqu’on désire uniquement établir ces fondations.

Un autre défi souligné par le groupe McKinsey est que les dirigeants d’entreprise ont peine à soutenir leur agenda (3). Les dirigeants ne sont plus impressionnés par l’analyse ni avides de rapports volumineux qui ne feront pas avancer leur cause.

Une bonne alternative pour la prise en charge  de votre gestion de processus serait de recourir à un encadrement périodique, mais continu, ou d’engager des spécialistes en transformation qui peuvent vous assister lors d’ateliers de découverte ou de socialisation de vos projets de transformation.

Être là au bon moment

Reconnaissant ces faits, il est possible de concevoir que vos consultants n’ont pas besoin d’être constamment à vos côtés, puisqu’il revient à votre entreprise de se prendre en main pour réussir une initiative de gestion de processus.

Lorsque vous devez négocier un contrat de consultation, cela peut être une bonne idée de planifier une présence périodique de l’équipe conseil, pour vous accompagner pendant plus longtemps, au lieu d’investir un montant initial alors que vous ne serez pas entièrement prêts à vous engager pleinement. Cela peut être une solution de compromis, sans avoir à démarrer sur les chapeaux de roues.

Cette approche différente peut vous donner le temps de vous ajuster et de mettre en place votre gouvernance de processus. Il faut prendre le temps de développer  une vision claire de la performance de vos processus pour apprendre à les contrôler, au-delà de vos résultats de ventes, en focalisant avec vous sur l’élément le plus crucial – l’ajout de valeur pour vos clients et vos fournisseurs. Les approches de type big bang ne sont pas toujours le gage de réussite.

Cependant, si vous reconnaissez déjà que les pertes engendrées par vos processus vous font perdre du terrain, il est préférable de passer à la vitesse grand V.

Références

(1) Gartner PDF – Maturity Assessment for Business Process Improvement Leaders: Six Phases for Successful BPM Adoption (autre liens en recherche)

(1a) À peu de différences près, il existe plusieurs variantes du modèle de maturité  (BPMM) – Comparison of 6 Business Process Maturity Models

(2) Claude Lanouette – CPBA – Avril 2104 – L ‘art d’automatiser ses problèmes

(3) McKinsey Insights – April 2015 – Changing the nature of board engagement

La métrique : APQC

Comme nous l’avons vu dans l’article Mesurer pour Décider, il est essentiel de mesurer l’efficacité d’un processus, lors d’un exercice de modélisation.

Mais pourquoi devrait-on partir de zéro?

Le PCF de l’APQC (1) fournit 2 éléments pratiques : une description sommaire et une métrique normalisée. Vous pouvez ainsi enrichir votre exercice de mesure, lorsque les parties prenantes désirent évaluer avec plus de rigueur l’efficience des coûts, de l’efficacité du processus ou la productivité des ressources.

Avoir une vision prospective
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Cet exercice n’est pas absolument nécessaire; les exemples de métrique ci-dessous vous permettent cependant de tenir compte des revenus de l’entité d’affaires et de la valeur des matériaux achetés, dans le cas du processus des bons de commande par exemple. Ceci procure un éclairage différent, en fonction du volume d’affaires de l’entreprise.

Si l’entreprise a un revenu annuel de 20 M$ et effectue 11 700 bons par année, c’est un enjeu bien différent que pour une entreprise qui en a un revenu de 200 M$.

Remarquez également qu’on peut aussi évaluer un processus en fonction d’un groupe de processus plus élevé; dans ce cas-ci, on peut se demander quel pourcentage des activités est consacré à remplir les bons d’achat sur le processus global d’approvisionnement (ligne 101455).

Exemple de métriques pour le processus de l’article précédent

Cliquer pour agrandir

Proposition de métrique de processus
Proposition de métrique de processus

Dans le prochain article

Nous avons déjà identifié des possibilités d’amélioration dans notre exemple et il nous reviendrons sous peu avec l’exemple des amélioration et bénéfices du processus de l’article précédent.

Mais avant de nous enfoncer plus dans la mesure, nous allons faire un détour du côté de la simulation de processus dans le prochain article, afin de vous permettre de surprendre votre PMO, votre CIO ou votre CFO.

Nous vous présenterons des solutions courantes, que vous pourrez utiliser par vous-même ou en entreprise.

Référence #APQC :

(1) APQC Process Classification Framework

Mesurer : Pour Décider

Comme nous avons déjà discuté comment un modèle de processus est un atout décisionnel et établi un estimé de coût à intégrer au dossier décisionnel, en misant sur l’importance de mesurer lors de la modélisation. En seconde étape, examinons maintenant le modèle de calcul qui doit être révisé en équipe avec les parties prenantes, avant de soumettre le dossier décisionnel à la direction.

Résumé de la démarche de modélisation (cliquer pour agrandir)

Activités de modélisation de processus
Activités de modélisation de processus

Passons en revue les variables utilisées pour effectuer ce calcul de coûts et voyons comment il peut ajouter de la valeur à l’exercice de modélisation.

Modèle de calcul (cliquer pour agrandir)

4.2.3 Commander du matériel - version 2
4.2.3 Commander du matériel – version 2
Évaluer l’efficacité du processus

Nous avons estimé qu’on dépense annuellement 790 000 $ pour émettre 45 bons de commande par jour. Cet estimé ne permet pas d’évaluer si ce processus est efficace, pour le moment, direz-vous. Comment y parvenir?

On pourrait inférer, par exemple,  qu’une amélioration d’efficacité de 10% uniquement représenterait une épargne annuelle de près de 80 000 $. Mais cette donnée est-elle suffisante pour lancer une initiative d’amélioration? Pourra-t-on l’effectuer avec un minimum de dépenses, pour assurer un retour sur cet investissement?

En disposant d’une première mesure, il est plus facile de s’engager dans cette discussion avec les parties prenantes que de présenter uniquement un diagramme de processus.

Dans la deuxième version du modèle, si on désire examiner le processus au niveau de sa volumétrie, on peut déjà soumettre le fait suivant au propriétaire du processus : quel est le coût d’émission unitaire d’un bon de commande? En utilisant l’information contenue dans le modèle de calcul, on constate qu’on produit 11 700 bons de commande par année, et que chaque bon de commande émis coûte 67,60 $ à l’entreprise. Il est presque certain que le propriétaire du processus n’a pas eu d’opportunité d’effectuer cette  évaluation, dans la plupart des cas.

Considérer les coûts réels des ressources – Section 1

Comment est-on parvenu à établir un taux horaire au delà de 90 $ de l’heure dans notre calcul?

Masse salariale et disponibilité

Le salaire moyen d’une ressource pourrait sembler adéquat en recourant uniquement au salaire moyen des ressources impliquées dans l’exécution d’un processus. Mais est-ce suffisant? On doit également considérer les bénéfices sociaux payés aux employés pour présenter un taux horaire réel. Dans ce cas, il est préférable de consulter la direction des ressources humaines pour obtenir le facteur à appliquer.

Il faut également considérer le nombre de semaines de travail où les ressources sont engagées dans l’exécution des activités d’un processus. On pourrait même soustraire du 37,5 heures par semaine le temps des pauses et factoriser les absences, ce qui élèverait encore plus le taux horaire.

On peut également établir un équivalent à plein temps (ETP) pour estimer le nombre de ressources affairées à exécuter le processus. Cet équivalent est particulièrement important au moment d’évaluer les améliorations de processus, pour la réorganisation du travail.

Considérer les coûts indirects – Section 1

Une autre variable souvent négligée est l’imputation des coûts indirects. Nous utilisons ici un taux normalisé de 150%, qui représente généralement les frais d’opération de l’entreprise tels que l’espace locatif, les commodités comme l’énergie et les télécommunications, les fournitures, les taxes, les assurances et les équipements reliés au systèmes de gestion de l’information (voir la référence en bas de l’article pour plus de détails).

Pourquoi faut-il considérer les coûts indirects dans l’estimation des processus?

Par exemple une entreprise employant 200 employés à 50 000 $ par an dépensera aux environs de 13,0 M $ par année pour des ressources disponibles 1 800 heures par année. En fait, un maximum de 360 K heures de travail dans l’ensemble des processus de l’entreprise dans cet exemple.

En utilisant le taux normalisé à 150 % en contrepartie, l’opération peut représenter une dépense d’environ 20 M $ par année, qui doit aussi être ramené au taux horaire dans le modèle de calcul. Cette dépense fait également partie du coût d’exécution des processus. Il est préférable de vous adresser à la direction des finances pour vous entendre sur un taux standard.

Une fois ce taux standard établi, ici 150 %, il faut l’utiliser dans tous vos modèles. Certes, il est utopique de croire que l’ensemble des processus de l’entreprise puisse être modélisée; en principe, si tel était le cas, dans notre exemple, nous disposerions de 36 000 heures pour l’ensemble, en excluant l’externalisation.

Efforts par activité – Section 2

Cette section standard ne comporte pas de difficultés particulières en examinant le modèle de calcul. Remarquez cependant que la volumétrie des activités est ramenée à une base annuelle.

Pourquoi annualiser? C’est probablement ce qui permet d’estimer un processus dans sa globalité, pour répondre à cette question : «Mais combien cela nous coûte? ». Implicitement, les gestionnaires pensent à leur planification annuel – autant pour le budget des revenus que celui des dépenses.

Impact sur la prise de décision

Ce qu’il faut surtout retenir de cet exercice, c’est que les parties prenantes et les conseils d’administration sous estiment trop souvent le coût réel des processus. Elles hésitent parfois à promouvoir les initiatives d’amélioration parce qu’elles sous estiment les coûts.

Un étalonnage établi sur un modèle standard, présenté avec chaque diagramme de processus, représentera un incitatif supplémentaire pour favoriser les initiatives de changement.

Cet premier exercice est un bon point de départ, mais pour s’engager à fond dans une discussion, et établir des cibles d’amélioration, il est également important d’envisager d’apporter plus de précision à la mesure, voire de se comparer à des standards d’excellence.

Dans le cas de la production de bons de commande, pour reprendre notre exemple, comment pourrait-on investiguer un peu plus? En utilisant les métriques proposées par l’APQC, on verra que notre modèle de calcul pourra être peaufiné pour répondre à plus de question de la part de la direction, le cas échéant.

C’est le sujet du prochain billet.

Référence :

The Power of Business Process Improvement – The Workbook, section Estimate Time and Cost. Pour une vue plus détaillée le livre, au chapitre 5.

Le modèle : un atout décisionnel

Dans tout projet de transformation, l’analyste d’affaires doit fournir rapidement l’information cruciale aux parties prenantes pour supporter leurs prises de décisions,  en évitant d’investir des efforts démesurés dans cet exercice. Une approche méthodique de la modélisation de processus permet d’atteindre cet objectif, à condition de ne pas se limiter uniquement à la cartographie destinée à visualiser ce qui est en jeu. Pour être complet, une modélisation doit aussi inclure des données quantitatives.

Même si les dossiers décisionnels (business cases) présentent un argumentaire solide sur les bénéfices de la transformation et comportent des cartographies, leur partie financière est souvent considérée en priorité. Pour faire une analogie, lorsque que vous devez choisir un modèle de maison ou de voiture, vous ne vous limitez pas à leur représentation visuelle; l’aspect financier est un des éléments clés de votre prise de décision.

On doit donc rapidement identifier les dimensions suivantes : la charge de travail, les coûts directs et indirects et la volumétrie. Ceci débouchera sur une information très significative pour les gestionnaires : l’annualisation. Ainsi, en présentant rapidement un premier estimé du coût annuel du processus, l’exercice de cartographie sera mieux perçu et apprécié.

Pour bien mesurer, il faut concevoir un processus d’affaires comme une séquence répétitive d’activités concrètes, exécutée par des personnes ou des systèmes reliés par des liens de communication, et comportant des associations à des objets de données. Un déclencheur et un point d’arrivée doivent être bien identifiés pour bien délimiter la portée du processus. Ces éléments d’information sont essentiels pour établir rapidement une mesure. Un processus complexe doit être décomposé en sous-processus qui seront eux aussi des modèles mesurables. Bref, si un processus ne tient pas sur une page, il y a de fortes chances que vous ne puissiez pas le mesurer efficacement.

Cartographie normalisée de processus

Utilisons par exemple le processus « Commander du matériel et des services » pour illustrer notre propos (cliquer pour agrandir).

4.2.3 Commander du matériel
Cartographie BPMN 2.0 du processus 4.2.3 Commander du matériel

Nous utilisons tout d’abord les descripteurs normalisés du référentiel de classification PCF de l’APQC, qui s’applique à la plupart des entreprises. Le PCF est un excellent point de départ pour créer rapidement une cartographie qui peut ensuite être adaptée au contexte, en rencontrant les experts du domaine. En fait, c’est une liste de 1200 activités normalisées qui permet de faire un premier contrôle des activités à inclure dans des processus d’affaires.

Répétons qu’un processus devrait représenter une activité répétitive qui peut être quantifiée, dans le cas présent produire un bon de commande et l’expédier. L’unité de calcul est ici 1 bon de commande – une instance, ce qui permettra de fixer une volumétrie annuelle du processus. Un processus est une instance répétée plusieurs fois.

Modèle normalisé d’étalonnage

Utilisons par exemple un modèle de calcul normalisé pour estimer rapidement le coût annuel de ce processus (cliquer pour agrandir).

4.2.3 Commander du matériel courant - étalonnage courant
4.2.3 Commander du matériel courant – étalonnage courant

En appliquant ce modèle de calcul simple, qui tient compte du salaire moyen et de la disponibilité réelle des ressources impliquées dans le processus, on a estimé que 45 bons de commande sont émis quotidiennement à travers les 3 régions administratives – est, ouest et centre – de l’entreprise. Généralement, on sollicite 2 devis pour chaque bon à des fournisseurs concurrents.

Afin d’assurer plus de précision, dans les cas par exemple où la pratique serait de solliciter 3 devis, on devrait alors changer la mesure pour qu’elle se reflète dans la ligne « Solliciter » un ou plusieurs devis, ce qui affecterait le coût d’exécution du processus. C’est précisément la fonction du modèle de calcul de quantifier le plus précisément possible les activités identifiées.

L’imputation des coûts indirects est aussi intégrée au calcul pour avoir une estimé qui couvre non seulement la main d’oeuvre, mais aussi les frais d’opération de l’entreprise, répartis sur les heures du personnel. La norme est habituellement 150%. Le processus équivaut à près de 5 ETP (équivalents à temps plein).

Ainsi en utilisant une approche pragmatique, vous réalisez rapidement que ce processus de production et d’expédition des bons d’achat coûte au bas mot près de 800 000 $ par année à l’entreprise.

Bien sûr, ces chiffres doivent être relativisés en fonction du volume des ventes et du volume des achats. Nous en discuterons dans le prochain article.

Bref, en un tour de main, cette approche vous permet d’examiner un processus et de fournir rapidement une première donnée financière qui permettra d’engager une conversation sur les différentes solutions pour alléger le processus évaluer si la transformation est prioritaire.

Si on vous a approché pour rencontrer les experts de domaine pour éclaircir une situation et fournir un sommaire exécutif, vous aurez investi un minimum de temps et pourrez vous présenter votre première investigation à une table du conseil, sans tarder. Votre modèle de processus sera sans doute plus apprécié qu’une simple carte, pour s’engager dans une discussion d’affaires.

Dans le prochain article, on discutera un peu plus du modèle de calcul, notamment du calcul des coûts et d’autres métriques qui peuvent être utilisées pour établir l’efficacité de ce processus. On présentera la version améliorée du processus avec une grosse épargne annuelle. D’ici là, vous pouvez sans doute déceler des faiblesses et des points à améliorer dans ce processus.

Références:

  • Lien de téléchargement du PCF de l’APQC
  • La plateforme BPMS (Business Process Management System) Blueway a été utilisée pour illustrer cet exemple; nous remercions le fournisseur.