Vous avez peut-être peur du changement

Mon expérience en entreprise m’a permis de côtoyer des centaines de gens d’affaires, mais dans un monde où les médias sociaux tels que Twitter ou LinkedIn n’existaient pas encore.

Un des critères de succès reconnu était d’être fidèle à l’entreprise, comme si c’était une valeur sûre pour exercer sa profession. Se mettre à la disposition de ses collègues et de ses supérieurs, partager son talent pour résoudre des problèmes et soutenir la stratégie de l’entreprise pendant des lustres, telle était la tradition.

Certes, c’est bien intéressant. Mais il suffit de regarder en dehors des frontières de son entreprise, de commencer à lire un peu plus sur les domaines dans lesquels on se spécialise pour s’apercevoir qu’on est parfois débranché du monde. La vie de l’entreprise se centre souvent sur sa propre existence, elle ne réussit pas toujours à se mettre à jour dans ses technologies de l’information et hop, on se retrouve devant de vieux outils, de vielles applications.

M’intéressant précisément à la modélisation de processus, je travaille depuis longtemps avec Visio, ayant utilisé la version 2000, 2010 et maintenant Visio 2013 professionnel, un investissement dans le coffre à outil de l’analyste.

Il y a ce défi de partager les modèles de processus simples à comprendre.  Ayant opté il y a plusieurs années pour le langage descriptif BPMN 1.2 (Business Process Modeling Notation), je n’avais pas  eu l’occasion de mettre à l’épreuve la version 2.0.  En bref, je n’étais pas à jour. J’ai profité d’une période de transition pour faire le saut et ce passage d’une version à l’autre est vraiment un changement majeur, investissant beaucoup de temps d’étude plongé dans un gros bouquin pour dompter la bête!

C’est un exemple pour illustrer le fait que dans le feu de l’action, on ne prend pas suffisamment de temps pour se tenir à jour sur l’évolution de nos boîtes à outils et de nos pratiques. Il y a sûrement des exemplaires similaires dans votre domaine, surtout si vous gravitez autour des technologies de l’information.

C’est exemple nous rappelle aussi un danger. On peut avoir l’impression d’être entouré d’experts du domaine, dans maintes circonstances, mais sommes-nous dans le bon cercle des branchés à la fine pointe de tout.

Ou au contraire, sommes-nous de paisibles démissionnaires qui ne remettent rien en question et qui se contentent de la stabilité et de la sécurité, sans rechercher les défis, les nouvelles opportunités et l’innovation?

C’est une question délicate, et on peut tenter de trouver quelques indices qui permettent d’identifier si tel est le cas.

Voici quelques symptômes:

-  Vous avez toujours travaillé dans un environnement Windows, et vous ne voyez vraiment pas pourquoi une tablette comme un iPad pourrait être utile à votre travail et encore moins pourquoi vous pourriez travailler avec OSX. Allez dans les cafés, jetez un coup d’œil par curiosité.

- Vous n’avez surtout pas besoin de repenser votre CV et de réexaminer votre historique d’emploi pour identifier ce qui vous a plus et ce qui vous a déplu.

- Vous pensez que les réseaux sociaux sont une perte de temps et une peste, et vous n’avez pas encore de profil professionnel sur LinkedIn, dans lequel vous pourriez entretenir un bon réseau de relations professionnelles, même si vous n’êtes pas à la recherche d’un emploi.

- Vous êtes sur LinkedIn et vous avez peur que vos collègues découvrent vos nouvelles relations ou vos activités, au lieu d’opter de vous rendre visible et de vous intégrer aux communautés professionnelles et de participer à des groupes de discussion pour vous entraider.

- Vous ne savez pas avec qui discuter de vos affaires, de votre carrière.

- Vous fraternisez rarement dans les 5 à 7.

Alors, même si ceci n’est pas un test psychométrique, je souhaite que quelques lecteurs ou lectrices osent ajouter d’autres symptômes dans les commentaires, pour les partager avec les autres!

 

 

 

 

 

L’art d’automatiser ses problèmes d’affaires

Cet article devrait être intitulé l’art d’automatiser ses processus d’affaires, n’est-ce pas ce que vous cherchez à faire? Dans les faits, on a tendance à automatiser des problèmes, aussi incroyable cela puisse-t-il paraître.

Un ancien collègue qui s’installait derrière son bureau et aimait bien se moquer des autres lorsqu’il les voyait courir tout autour,  disait en riant : " Tiens, ils sont encore débordés à automatiser leurs problèmes ". Il n’avait pas tout à fait tort.

Certaines personnes sourient en coin on leur fait part du métier d’analyste d’affaires. Immédiatement  ils nous imaginent assis devant l’écran, les yeux rivés sur Visio.

Or, un analyste d’affaires n’est pas coincé devant des cartes de processus – on devrait dire modèles de processus d’ailleurs, et modélisation de processus. La cartographie est certes une activité intéressante, mais elle est meilleure pour les géographes!

Mais que se cache-t-il derrière la "modélisation"?

Restons simple. La modélisation a pour premier objectif de comprendre comment l’exécution des activités d’affaires correspond à la stratégie de l’entreprise. Autrement dit, prend-t-on les bons moyens pour atteindre les objectifs de la stratégie?

La modélisation des processus est aussi une activité d’affaires, pour atteindre un objectif bien précis : s’assurer que le traitement de l’information permettre à l’entreprise de rapidement atteindre ses fins. La plus importante de toutes est de bien servir sa clientèle, source première de ses revenus.

On pourrait reprendre une image populaire, pour se faire une meilleure idée, en se demandant  ce qu’est un modèle.  Ha, vous étiez parmi les élèves modèles de votre collège, et vous lisez maintenant des articles sur la modélisation de processus? Un modèle représente donc un idéal à suivre. En principe, l’élève modèle a un comportement exemplaire.

Un modèle de processus s’inspire ainsi de ce cens commun, pour établir une pratique d’excellence. Certes, on peut passer beaucoup de temps à modéliser les processus courants, surtout si l’entreprise n’a pas sa librairie. Mais il est préférable d’investir son temps avec les experts du domaine des différentes unités d’affaires pour comprendre ce qui doit être réalisé, mieux réalisé.

Moins de temps devant l’écran, plus de temps partagé avec les personnes qui besognent à faire progresser l’entreprise.  Si votre analyste est toujours vissé à son écran, demandez-lui qui il a vu la dernière fois, et quand?

En mode résolution de problèmes, il y a une maxime qui conduit à u n grand sens de l’économie.

Réussir du premier coup, coup sur coup, à moindre coût

Donc, en repensant à la modélisation de processus, les 28 heures que vous prendrez pour rencontrer vos collègues, experts du domaine, parties prenantes ou comités de direction, sauveront probablement des centaines de milliers de dollars à l’entreprise.

Le modèle de processus simplifié, qu’on tente de faire fonctionner sur papier, comme un jeu de serpents et d’échelle, doit conduire justement à appliquer cette maxime. En tentant de résoudre un problème à travers une modélisation de processus, vous éviterez probablement d’automatiser un problème, car le modèle de processus sera plutôt votre concept de solution.

La prochaine fois que vous entendrez parler de modélisation de processus, pensez que même si la carte n’est pas le territoire, elle est un outil pédagogique pour toutes les personnes impliquées dans la gestion du changement.

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